Les taux des crédits immobiliers en France, après une phase de stagnation, s'apprêtent à repartir à la hausse. Selon une récente étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, cette tendance va se poursuivre au cours des deux prochaines années. Michel Mouillart, professeur d’économie et interlocuteur de l’étude, a indiqué que "nous sommes engagés dans une phase de hausse des taux des crédits".
En effet, le taux moyen observé en décembre 2025 s'élève à 3,17 % (hors assurance et autres frais annexes), après avoir atteint un point bas de 3,06 % durant l'été. La Banque de France note également que le taux moyen s'établit à 3,85 % pour les prêts de 20 ans et plus. Cela équivaut à environ 43 500 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés sur deux décennies.
Cette remontée des taux est le reflet de la réalité économique et des coûts d'emprunt de l'État. Fin 2025, le coût de la dette française a atteint des niveaux rarement vus depuis près de quinze ans, ce qui a incité les établissements de crédit à ajuster leurs taux.
Les prévisions annoncent un taux de 3,55 % pour le quatrième trimestre de 2026, avec une moyenne annuelle de 3,41 %, suivie d'un bond à 3,95 % en 2027. Les chiffres de la Fnaim indiquent qu'une hausse des prix de l'immobilier de 0,8 % a été enregistrée l'année dernière, renforçant les préoccupations concernant l'accessibilité du marché immobilier. Mouillart souligne que l'accroissement potentiel des efforts financiers des ménages pourrait rendre l’emprunt plus difficile, voire mener à une baisse du nombre d'emprunteurs.
La durée moyenne des prêts voit déjà une tendance à s'établir autour de 21 ans, à peine en dessous de la limite de 25 ans imposée par les régulations en vigueur. La situation actuelle soulève des inquiétudes croissantes quant à la capacité des ménages à accéder à un financement adéquat pour l'achat de biens immobiliers, un constat partagé par la Fnaim qui identifie le marché comme "difficile d'accès pour une grande partie des foyers".







