La Marine nationale française s'engage dans une nouvelle ère de surveillance maritime avec le projet Danae, visant à intégrer des drones autonomes pour protéger ses installations et vaisseaux. Ce programme, soutenu par l'Agence de l'innovation de défense (AID), met en avant un partenariat innovant pour sélectionner rapidement des solutions existantes adaptées à ses besoins.
Danae, un acronyme pour Drone de surface Autonome Naval avec une capacité d'Armement Embarqué, a pour but de fournir à la Marine des drones capables d’assurer une sécurité accrue des bases navales en métropole et dans les Outre-mer, tout en permettant l’escorte de navires en mer. En réponse aux menaces croissantes, la Marine nationale accélère sa « dronisation » ; un mouvement essentiel pour protéger ses frégates, patrouilleurs et sous-marins.
« Nous avons une industrie capable de produire, dans un contexte géostratégique qui ne nous permet pas d’être déclassés », affirme le général Patrick Aufort, directeur de l'AID, lors d'un entretien avec BFM Business.
Pour réaliser son projet, l’AID a lancé une initiative novatrice, permettant de tester sept projets de drones, dont certaines entreprises renommées comme Thales et Exail Technologies font partie. Jean-François Thomas, responsable du projet Danae, souligne que trois des meilleures propositions seront sélectionnées pour concevoir des prototypes. Le gagnant de ce processus, attendu pour fin 2027, se verra attribuer un contrat pour équiper la Marine nationale.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a récemment exprimé l'importance d'une « DGA de combat », notant que « la guerre se transforme et impose une adaptation et une accélération permanentes ». Cela se traduit par un besoin d'itérations rapides dans le développement technologique, ce qui est fondamental pour la sécurité future de la France.
La Loi de programmation militaire 2024-2030 consacre un budget de 5 milliards d’euros pour la recherche et le développement d’entités pilotées à distance, capables de mener des missions variées, allant de la surveillance à l'attaque. Avec une telle anticipation, les drones prendront une place de plus en plus importante dans les opérations maritimes, comme l’a récemment souligné l’amiral Nicolas Vaujour, chef d'état-major de la Marine.
« La question est de savoir où les déployer efficacement, car bien qu'ils auront un rôle clé, ils ne remplaceront pas toutes les manœuvres traditionnelles. »







