Des agences intérimaires ont été accusées de ne pas déclarer des employés, entraînant d'importantes conséquences pour eux. Les entreprises clientes de ces agences pourraient faire face à des redressements significatifs de l’Urssaf.
Selon un rapport de la gendarmerie nationale publié ce mercredi 4 février, environ 2000 employés ont été les victimes d'une fraude aux cotisations sociales orchestrée par des sociétés d’intérim, ayant ainsi éludé plus de 8,9 millions d'euros de charges.
Quatre individus ont été mis en examen fin janvier, dont un a été placé en détention suite à l'interpellation de sept personnes dans des départements comme l'Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône. Au cours des perquisitions, près de 400.000 euros de biens criminels, incluant des propriétés immobilières, des véhicules et de l'argent liquide, ont été saisis. Des armes ont également été découvertes.
Cette affaire a commencé en janvier 2025, lorsque des travailleurs d'une agence intérimaire à Amiens ont réalisé qu'ils n'étaient pas déclarés aux autorités. L'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) a rapidement établi qu'aucune déclaration n'avait été faite pour environ 1000 de ces travailleurs, représentant un préjudice évalué à 4,3 millions d'euros entre juillet 2024 et mars 2025.
En avril 2025, l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a été saisi. Les premiers travaux d’enquête ont mis en lumière deux suspects, basés à Beauvais, qui contactaient des sociétés dans les secteurs de la « restauration et des travaux publics ». Ces individus sont soupçonnés d'avoir incité ces entreprises à contourner le paiement des cotisations sociales.
Les victimes étaient transférées vers des agences intérimaires « frauduleuses », tout en continuant leur travail habituel. Leurs employeurs leur versaient des rémunérations via ces agences, qui ne faisaient pas de déclarations à l’Urssaf des salaires. Les employés recevaient des faux bulletins de salaire, pensant être en règle. Les fonds ainsi détournés étaient investis à l'étranger, notamment en Thaïlande et au Maroc.
Un cabinet d'instruction a été ouvert sous l'égide du parquet de Beauvais début janvier. Les enquêteurs, en coopération avec les gendarmes de l'Oise et le groupe interministériel de recherches d’Amiens, ont repéré d'autres sociétés potentiellement impliquées dans des activités frauduleuses, gérées par l'un des principaux suspects. Des complices ont également été identifiés dans le Var, occupant des postes clés dans la création et la gestion de ces entreprises.
« Au total, près de 2000 salariés auraient été abusés, pour plus de 8,9 millions d'euros de charges éludées », rapporte la gendarmerie nationale. L'enquête est toujours en cours pour évaluer l'ampleur complète de la fraude. À ce jour, le parquet de Beauvais n'a pas répondu aux demandes de renseignements. Les entreprises ayant eu recours aux services de l'agence d’Amiens pourraient également être passibles de poursuites judiciaires ainsi que de redressements conséquents de l'Urssaf.







