La Chine a récemment annoncé une réduction significative de ses droits de douane sur certains produits laitiers européens, fixant ces derniers entre 7,4 % et 11,7 %. Bien que cette nouvelle soit accueillie avec satisfaction, le gouvernement français a déclaré que cette baisse restait « insuffisante », soulignant les défis continus pour les producteurs français dans un marché déjà saturé.
Cette décision est intervenue après l'application de droits de douane "provisoires" bien plus élevés, allant de 21,9 % à 42,7 %, qui avaient été instaurés en décembre dernier. D'après une déclaration de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, et de Nicolas Forissier, ministre du Commerce extérieur, ces droits demeurent "pénalisants pour nos producteurs" et nuisent à la compétitivité des exportations françaises, notamment dans un secteur évalué à près de 430 millions d'euros.
« Ces mesures sont toujours inacceptables. Nous continuerons à défendre nos producteurs au niveau international », a insisté Barrot.
Le gouvernement souligne que les droits de douane couvriront une gamme de produits, notamment les fromages frais, les fromages bleus ainsi que certains types de lait et de crèmes, et cette politique devrait perdurer durant cinq ans.
En toile de fond, ces mesures interviennent dans un climat de tensions commerciales entre l’Union Européenne et la Chine, exacerbées par l'annonce de l'UE d'imposer des droits de douane sur les véhicules électriques chinois. Les responsables européens, a déclaré Barrot, considèrent cette enquête comme une action de rétorsion injustifiée de la part de Pékin.
« Nous contestons fermement la validité de cette enquête et nous engagerons tous les recours possibles », a ajouté Forissier.
Au-delà des relations diplomatiques, c'est la question de la surproduction de lait en Chine qui se pose. Depuis 2018, la production a été augmentée de 30 %, sans que la demande ne suive, provoquant une chute des prix et mettant les éleveurs chinois dans une situation délicate. Les observateurs de l’industrie, comme l’association laitière française CNIEL, insistent sur le fait que la réactivité des marchés doit être une priorité pour éviter des déséquilibres économiques.







