Le plan social annoncé à l'automne dernier pour Hager, le géant allemand de la technologie, a été officialisé le 5 février. Ce projet bouleverse l'organisation de la société avec 112 réductions d'effectifs prévues d'ici 2026, accompagnées de 73 modifications de contrats. Les syndicats, eux, s'opposent à ces licenciements qu'ils jugent inutiles.
Ce plan vise à supprimer principalement des postes dans les fonctions support et administratives, comme l'a précisé l'entreprise. En revanche, 63 nouveaux postes à haute qualification seront créés pour répondre aux enjeux des nouvelles technologies. Jean-Claude Paul, expert en ressources humaines, commentait : "L'adaptation aux évolutions technologiques est cruciale, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l'emploi."
Le site d'Obernai, qui compte plus de 2110 employés, subira l'impact le plus fort avec 67 postes supprimés. D'autres sites comme Saverne et Bischwiller seront également touchés, mais Vendenheim restera épargné.
À Saverne, par exemple, 6 postes seront supprimés alors que 3 seront créés.
Un plan contesté
Les critiques viennent principalement des syndicats. Philippe Faby, délégué syndical CFTC, déclare : "On aurait pu se réorganiser sans plan de sauvegarde de l'emploi". Selon lui, la situation économique de Hager est solide, et il soupçonne une volonté d'améliorer rapidement la rentabilité.
La CGT renchérit ; selon David Etheve, Hager a réalisé 339 millions d'euros de bénéfice en 2024. Il met en garde contre une aggravation des risques psychosociaux pour les salariés restants, annonçant une augmentation de la charge de travail en conséquence.
Dans son communiqué, Hager se défend en précisant que le projet de réorganisation, commencé en octobre 2025, est essentiel pour maintenir la compétitivité et s'adapter aux évolutions du marché. L'entreprise mentionne avoir eu de nombreuses réunions avec les syndicats à propos de cette restructuration, soulignant que cela reste soumis à l'approbation des autorités compétentes (DREETS).
Ce plan social soulève ainsi des questions sur l'équilibre entre l'innovation technologique et la préservation de l'emploi, une thématique particulièrement actuelle dans le paysage économique français.







