Sous la Ve République, le président a la main sur des milliers de nominations. Un pouvoir dont il peut user pour récompenser collaborateurs et compagnons de route.
Par Matthieu Le Gall
À l’Élysée, la fin de règne du monarque républicain sonne l’heure des recasages. Le second mandat d’Emmanuel Macron, qui s’achèvera dans un peu plus d’un an, ne déroge pas à ce phénomène marqué par une opacité croissante. Il permet à l’entourage du président et à ses fidèles serviteurs de bénéficier de postes prestigieux.
Amélie de Montchalin a ainsi été nommée, à seulement 40 ans, à la tête de la Cour des comptes, où elle est chargée d’évaluer un budget qu’elle a elle-même contribué à façonner. De même, Anne-Claire Legendre, ancienne conseillère diplomatique du président, se voit confier la présidence de l’Institut du monde arabe. Alors que les mois passent, Emmanuel Macron devra aussi désigner un remplaçant à François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, ainsi que le prochain vice-président du Conseil d’État, le Défenseur des droits, le responsable de Business France et le président du Louvre.
Selon le journaliste Michaël Moreau, auteur d'un livre sur le sujet, 5000 nominations échappent à l’autorité du chef de l’État français. Celles-ci reposent sur l’article 13 de la Constitution et révèlent un pouvoir discrétionnaire ayant des implications significatives sur l'équilibre du pouvoir. Ces pratiques, souvent qualifiées de fait du prince, brouillent les frontières de l'impartialité institutionnelle, affaiblissant la crédibilité des organisations concernées.
Des experts notent que cette tendance n'est pas nouvelle, mais elle semble s'intensifier à l'approche des élections. Hélène Jean, politologue à Sciences Po, souligne que ces désignations renforcent l'idée d’une oligarchie, où le mérite est souvent éclipsé par les relations personnelles. Un phénomène alarmant pour la démocratie française, qui pourrait conduire à un affaiblissement de ses institutions.
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