Friedrich Merz, accompagné d'une dizaine de chefs d'entreprise, entame une visite déterminante en Chine pour tenter de rétablir des conditions d'échange justes, face à une industrie allemande menacée. Au fil des ans, le marché chinois, jadis perçu comme une aubaine, se révèle de plus en plus compétitif. Selon une étude du Rhodium Group, "la mine d'or" que représentait le marché chinois s'épuise lentement. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2022, les exportations allemandes vers la Chine ont chuté de 9,3 %, tandis que les importations ont augmenté de 9 % selon Destatis.
"Le marché chinois est en train de devenir un terrain de bataille pour les industriels allemands et chinois" - Rhodium Group.
Les dommages économiques sont déjà palpables avec la destruction de 124.000 emplois dans le secteur industriel l'an dernier, exacerbés par une durable période de récession.
Une concurrence accrue
Alors que la Chine limite l'importation des produits allemands, ses entreprises, robustes et soutenues par une stratégie de prix compétitifs, commencent à s'installer sur les marchés allemand et européen. Les travaux du Haut-Commissariat au Plan indiquent que ces entreprises déterminées créent des produits de haute qualité à un coût bien inférieur aux standards européens. Ce rapport souligne un aspect crucial : la capacité d'intervention des décideurs européens face à un marché en rapide mutation.
Réactions mitigées en Allemagne
Les réactions des industriels allemands divergent. Alors que certaines entreprises réclament des mesures de protection commerciale, d'autres, comme Volkswagen, freinent ces demandes de peur d'entrer en conflit avec un marché chinois essentiel pour leurs affaires.
"Les géants de l'industrie, comme BASF et Volkswagen, augmentent leurs investissements en Chine à la fois pour profiter des opportunités locales et faire face à la concurrence" - Thomas Grjebine, économiste.
Vers une stratégie commerciale renforcée
Alors que l'Allemagne se positionne face à une demande pressante de durcir le ton face à la Chine, une voie se dessine, encourageant la création d'une "préférence européenne". Emmanuel Macron a, de son côté, mentionné la sanction des droits de douane sur les importations chinoises lors de sa dernière conférence. Le contexte actuel pousse à redéfinir les termes des échanges, et la décision de Merz d’optimiser les relations commerciales avec la Chine se déroule sur un fil tendu.
Au terme de cette visite, il sera crucial de voir si des avancées tangibles en matière d'approvisionnement et d'équité commerciale seront réalisées, alors que l'Europe ressent la pression d'une Chine grandissante sur la scène économique mondiale.







