Le président de la Banque fédérale d'Allemagne, Joachim Nagel, a soulevé des inquiétudes jeudi concernant les conséquences économiques potentielles des conflits au Moyen-Orient. Selon lui, une prolongation des combats pourrait engendrer un climat économique similaire à la stagflation en zone euro, caractérisé par une faible croissance et une inflation élevée.
"Les répercussions économiques de cette guerre, notamment contre l'Iran, sont directement liées à la durée des affrontements," a déclaré Nagel lors de la conférence annuelle de l’institution. Il a précisé que l'impact immédiat se traduisait par une augmentation des prix du pétrole et du gaz.
Si les prix de l'énergie demeurent à des niveaux élevés sur le long terme, cela pourrait précipiter une inflation plus marquée et une croissance atone en zone euro, a-t-il averti. En revanche, il a indiqué que si les hostilités s'arrêtaient rapidement, par le biais d’un accord politique et avec peu de dégâts aux infrastructures énergétiques, les prix pourraient diminuer rapidement.
Dans ce dernier scénario, les effets sur l’inflation seraient alors considérés comme temporaires et globalement réduits. Concernant la politique monétaire, alors que les discussions autour d'un resserrement des taux reprennent, M. Nagel a souligné que la BCE devrait évaluer si ces fluctuations constituent des chocs d’offre passagers.
L'an passé, la guerre en Ukraine avait déjà entraîné une flambée des prix de l'énergie, provoquant un pic d'inflation dépassant les 10 % à l’automne. La Banque centrale européenne, prévue pour se réunir dans deux semaines, examinera ces tensions économiques en tenant compte de nouvelles prévisions de croissance.
M. Nagel a également précisé qu'il n'était pas encore judicieux de tirer des conclusions définitives compte tenu de la volatilité actuelle. De son côté, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a ajouté que le choc inflationniste de l'année dernière, survenu après la pandémie de Covid, avait touché tous les marchés des matières premières, un phénomène qui ne se reproduit pas aujourd'hui.
Pour ces raisons, il ne considère pas, à ce stade, que la BCE doive relever ses taux, même s'il juge la situation économique "sérieuse". Par ailleurs, la Bundesbank a récemment déclaré avoir subi une perte de 8,6 milliards d'euros en 2025, soit plus de la moitié de celle de 2024, conséquence des politiques monétaires mises en place durant la crise. Elle prévoit de nouveau un déficit cette année, ne s'attendant pas à distribuer des dividendes à l'État avant longtemps, un processus qualifié par M. Nagel de "marathon" vers un retour à la normalité.







