Le Conseil d'analyse économique (CAE) propose un virage décisif en matière de politique de défense, afin de transformer le réarmement en levier économique pour l'Europe. "Les opportunités économiques offertes par le réarmement ne se concrétiseront pas d'elles-mêmes", souligne le rapport récemment publié.
Après trois décennies de sous-investissement, les dépenses de défense au sein de l'UE devraient atteindre 2% du PIB d'ici 2025, avec un objectif affiché de 3,5% pour 2035.
Les économistes du CAE font remarquer que près d'un tiers des équipements militaires de l'UE proviennent de l'étranger, principalement des États-Unis.
Actuellement, la France se positionne comme le deuxième exportateur mondial d'armements, mais troisième vers l’Europe, derrière l'Allemagne.
Le rapport indique que la fragmentation des systèmes d'armement en Europe, avec 98 types différents contre seulement 18 aux États-Unis, entraîne une augmentation des coûts de production et de maintenance. Ce manque de cohérence dans le secteur militaire européen contraint les nations à investir de manière dispersée.
Le CAE exhorte à établir une commission indépendante rattachée au ministère des Armées, habilitée à évaluer l'efficacité des contrats d'armement et à assurer le partage équitable de la valeur au sein de la chaîne, y compris pour les nouveaux entrants comme les drones, un domaine où la France accuse un retard.
Selon le CAE, pour "développer l'échelle européenne", il est crucial d'encourager la consolidation du secteur, visant 35% d'achats communs au sein de l'UE d'ici 2030, avec un accent sur les équipements conçus en Europe.
Enfin, une augmentation significative du budget de la recherche et développement dans le secteur de la défense est recommandée, préconisant un doublement du budget, qui devrait passer à au moins 3 milliards d'euros par an.
Les chercheurs ont également rencontré des obstacles pour accéder aux données dans le secteur militaire, plaidant pour des outils permettant une meilleure évaluation de cette politique publique.







