Les répercussions du conflit au Moyen-Orient commencent à se faire sentir dans les stations-service françaises, avec une augmentation des prix des carburants. Le gouvernement a prévenu qu’il mettrait en place des contrôles pour s'assurer que ces hausses restent dans des limites raisonnables.
Mercredi, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a déclaré sur Franceinfo que le prix de l'essence a augmenté de quelques centimes, une tendance qu'il juge normale face à la montée des cours du pétrole. Selon les données recueillies par Bercy, le litre de SP95-E10 se vend actuellement en moyenne à 1,77 euro, ce qui représente une hausse de 5 centimes par rapport au 27 février, date des premières frappes israélo-américaines en Iran.
Malgré cette inflation, Lescure a tenté de rassurer la population, affirmant qu'il n’y aura pas de pénurie nationale. « Gardons notre calme », a-t-il déclaré, tout en soulignant l'importance de surveiller l'évolution des prix. Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a également tempéré les inquiétudes, indiquant sur BFMTV/RMC que l’augmentation prévue des prix serait « contenue et limitée » en fonction des stations-service.
Bregeon a ajouté que la situation dépendra de la durée et de l'intensification du conflit, mais a assuré qu'aucun risque de rupture d'approvisionnement n'existait grâce aux stocks existants et à une diversification des sources d'importation.
« J’ai ordonné à la DGCCRF de procéder à des contrôles afin de garantir que les hausses de prix restent rationnelles au regard de l'augmentation du prix du baril », a précisé Lescure. Ce dernier s'inquiète également du potentiel impact spéculatif sur le marché.
Dimanche dernier, Michel-Edouard Leclerc, président des centres E.Leclerc, a annoncé qu’une augmentation marquée des prix des hydrocarbures était à prévoir. Il a rappelé que, lors du conflit en Ukraine et des sanctions contre la Russie, les prix avaient atteint des sommets historiques.
D'après l'AFP, le distributeur Intermarché a rapporté une hausse de 50% des ventes de carburant en volume depuis le début de la semaine, signalant une tendance où les consommateurs anticipent les hausses de prix, ce qui pourrait entraîner des files d'attente aux stations-service.
Maud Bregeon a noté que l'évolution du conflit était très imprévisible et qu'il était prématuré de tirer des conclusions définitives. Interrogée sur d'éventuelles mesures compensatoires, elle a déclaré qu'il était « trop tôt » pour en discuter, ajoutant que la priorité demeurait la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transit mondial de gaz et de pétrole.
Elle a qualifié de « précipitée » la proposition de Marine Le Pen sur RTL de réduire les taxes sur les carburants, une idée soutenue par le Rassemblement National qui plaide pour un abaissement de la TVA de 20% à 5,5%. Jordan Bardella, président du parti, a également appelé à une baisse des accises sur les produits pétroliers, affirmant qu'il n'était pas acceptable que l'État profite de la crise internationale aux dépens des citoyens.
En réponse, Bregeon a jugé « inconcevable » de diminuer la TVA et les TICPE, ce qui représenterait un manque à gagner de près de 20 milliards d'euros pour le budget de l'État.







