Les bourses mondiales réagissent au nouveau conflit au Moyen-Orient. Avec l'augmentation des prix des hydrocarbures, l'inquiétude face à une inflation galopante refait surface.
En Europe, les marchés sont en chute libre, la Bourse de Paris s'effondrant de 3,46%, suivie par Londres (-2,75%) et Francfort (-3,44%). Milan subit une dégringolade de 3,92%.
À Wall Street, après un démarrage difficile, les indices montrent une tendance négative : le Dow Jones perd 0,83%, le Nasdaq 1,02% et le S&P 500 0,94%.
'Les investisseurs s'inquiètent d'un choc inflationniste dû à la flambée des prix des hydrocarbures causée par le conflit', analyse Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac, dans un entretien avec l'AFP.
L'Europe, particulièrement vulnérable du fait de sa dépendance aux importations de gaz et de pétrole, fait face au spectre d'une crise inflationniste similaire à celle de 2022, suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le gaz naturel s'est également enflammé. Alors que le quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran s'intensifie, Téhéran a visé des installations américaines dans le Golfe.
En parallèle, Israël maintient ses frappes en Iran et au Liban.
Cette escalade a entraîné une augmentation spectaculaire des prix des hydrocarbures, mettant en péril l'approvisionnement puisque près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par cette région stratégique.
Un responsable iranien a même annoncé lundi sa volonté de 'brûler' tout vaisseau tentant de traverser ce corridor. Cette menace souligne la stratégie de Téhéran pour maintenir des prix de l'énergie au sommet, dans le but de gêner Washington et d'induire une désescalade.
Les analystes de l'Eurasia Group avertissent que ces tensions pourraient aboutir à d'autres frappes sur les infrastructures énergétiques, exacerber les disruptions d'approvisionnement, et ainsi mener à un envolée des prix. En conséquence, le baril de pétrole Brent a franchi la barre des 85 dollars, atteignant une hausse de 4,71% à 81,40 dollars.
Le gaz européen a quant à lui dépassé 65 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis janvier 2023, affichant une hausse de près de 90 % depuis le début de l'année.
Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets, souligne : 'La hausse des prix de l'énergie alimente les craintes d'une stagnation économique couplée à une inflation persistante, même si la guerre semble confinée'.
'La question qui se pose est de savoir si nous nous dirigeons vers une répétition du scénario de 2022, où l'augmentation des coûts énergétiques a provoqué une forte inflation à l'échelle mondiale', s'interroge Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Les tensions inflationnistes pèsent sur les taux d'intérêt, impactant les obligations publiques, traditionnellement perçues comme des valeurs refuges. Ces derniers grimpent en Europe, où une inflation accrue réduit la valeur réelle des montants dus par les emprunteurs, entraînant une exigence de taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le taux d'intérêt à dix ans de la dette allemande a bondi de près de 0,10 point pour atteindre 2,74 %, tandis que son homologue français s'élève à 3,37 %, en hausse de 0,08 point par rapport à la veille. Avant le début des hostilités en Iran, il était de 3,20 %.
À l'extérieur de la zone euro, les taux britanniques ont atteint 4,46 %, contre 4,37 % la veille. Les craintes économiques des investisseurs ont favorisé le dollar, qui a pris 0,65 % face à l'euro, s'élevant à 1,1613 dollar par euro. L'or, en revanche, a reculé, perdant 4,29 % à 5 094,01 dollars l'once.







