Le constructeur, réputé pour ses chasseurs Rafale, a mis en lumière son Falcon 10X, un jet privé à la fois rare et prestigieux, dont le tarif dépasse 80 millions de dollars. Lors d'une présentation énergique dans un hangar rempli de 400 invités, Dassault a suscité l'enthousiasme avec des effets lumineux et une ambiance festive, soulignant l'implication passionnée des équipes de conception.
Qualifié de "bureau volant" par son PDG Éric Trappier, ce jet peut parcourir jusqu'à 14 000 km, facilitant ainsi des trajets directs comme Paris-Pékin ou New York-Shanghai. Il sort d'une usine à Mérignac, près de Bordeaux, et s'apprête à entrer dans sa phase de tests en vol avant la certification finale du modèle.
Les premières livraisons sont attendues "2 à 3 ans après le début des essais en vol", a précisé Éric Trappier, qui utilise le modèle 8X, son prédécesseur.
La portée du 10X est augmentée par rapport au 8X, se rapprochant des G700 et G800 de Gulfstream, et des Global 7500 et 8000 de Bombardier, qui atteignent jusqu'à 14 800 km. En revanche, le coût catalogue a été réévalué à la hausse, une décision jugée nécessaire dans le cadre de la pandémie, plaçant le Falcon 10X au-delà des prix de ses concurrents nord-américains qui fabriquent en plus grand volume.
Pourtant, la demande pour des performances exceptionnelles prime sur les considérations de coût, souligne un rapport récent de Honeywell Global sur l'aviation d'affaires. En 2025, des marques comme Gulfstream et Bombardier ont livré plus de 150 jets chacune, tandis que Dassault n'a délivré que 37 Falcon, illustrant ainsi son positionnement sur le segment haut de gamme.
En dépit de la perception négative des jets privés en Europe, en raison de leur impact environnemental et d'une taxation forçant à réfléchir, le marché mondial continue de croître modérément. Les prévisions indiquent une légère augmentation de la valeur du secteur, qui pourrait atteindre 31,58 milliards de dollars d'ici 2031, selon Mordor Intelligence. Les avancées technologiques dans cette industrie jouent un rôle crucial en offrant des niveaux de sécurité améliorés, ce qui favorise la demande.
"80 % des vols d'affaires se justifient pour des raisons professionnelles, bien au-delà du stéréotype du milliardaire", explique Didier Bréchemier de Roland Berger.
Dassault envisage également une adaptation militaire du Falcon 10X pour remplacer l'Atlantique 2 en service dans les milieux de défense d'ici 2035-2050. Cependant, la France semble privilégier des modèles basés sur Airbus A321 pour ce scénario.
Un acteur majeur de l'aviation d'affaires
Dassault Aviation, fondé en 1916, s'est orienté vers le secteur des jets dans les années 60, lorsque l'aviation d'affaires a connu un essor majeur aux États-Unis. Avec une majorité de ses jets destinés à l'exportation, notamment vers les États-Unis, la marque cherche à préserver son savoir-faire européen face à des géants nord-américains. Éric Trappier décrit cet équilibre entre les segments militaire et civil comme un pilier de la croissance de l'entreprise.
En conclusion, le Falcon 10X représente non seulement une avancée technologique, mais aussi un symbole de l'engagement de Dassault à maintenir une sphère équilibrée dans l'industrie aéronautique mondiale.







