Les armateurs se voient contraints de réagir face à l'instabilité du Moyen-Orient qui perturbe le commerce maritime. Les grandes entreprises, telles que CMA CGM, ont dû élaborer rapidement un plan d'acheminement alternatif pour éviter le détroit d'Ormuz, devenu inaccessible pour leurs navires en raison des tensions avec l'Iran.
"Environ 5% du commerce mondial transite par ce passage. Ce chiffre grimpe à 20% pour les porte-conteneurs et les pétroliers. Aujourd'hui, nous avons une quinzaine de nos navires immobilisés" déclare Rodolphe Saadé dans une interview au Figaro.
Le dirigeant de CMA CGM, qui emploie plus de 8.500 personnes dans la région, dont 2.500 à Beyrouth, a également ordonné à certains navires à proximité de Dubaï de s'éloigner des côtes en raison des récentes frappes sur la ville.
"D'autres navires attendent actuellement dans la mer d’Arabie, à l'entrée du détroit", ajoute-t-il. Certaines marchandises en provenance d'Asie sont désormais déchargées à Khor Fakkan, un port d'un des Émirats, avant d'être transportées par train ou camion dans les pays voisins.
Prévisions sur l'après-guerre
Malgré les défis, Saadé insiste sur le fait que les crises géopolitiques sont devenues une constante dans leur métier. "La situation perdure depuis 2023 en raison des tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb, rendant le passage vers le canal de Suez problématique", précise-t-il.
Il anticipe cependant un "effet de rattrapage" rapide après la résolution du conflit, ce qui pourrait dynamiser l'économie mondiale, alors que les clients se préparent à replenir leurs stocks lorsque la situation se stabilisera. "Ce sera un moment critique pour le secteur" conclut-il. Cette analyse est corroborée par des experts de l'industrie, qui estiment qu'une reprise rapide pourrait survenir dans les mois suivant la fin de la guerre.







