Actuellement, 3 000 navires sont immobilisés dans le détroit d'Ormuz, une situation alarmante qui s'est intensifiée avec le début des hostilités au Moyen-Orient. Des milliers de marins, y compris des Français, se retrouvent dans l'incertitude de leur sort. Comment vivent-ils à bord ? Quelle sera la durée de cette impasse ?
Ce texte s'inspire d'un reportage, disponible en vidéo ci-dessous.
Des images satellites montrent une flottille de navires immobiles, coincés au milieu d'un conflit armé, tandis que des missiles volent au-dessus de leurs têtes. Les cargaisons sont retenues dans le golfe Persique, ne pouvant passer le détroit d'Ormuz, et parmi ces bateaux, cinq sont arborant le pavillon français. Selon diverses sources, une cinquantaine de marins Français seraient présents ce 11 mars sur plusieurs navires.
La prise en charge des équipages est devenue une préoccupation pressante. Emmanuel Chalard, secrétaire général CGT de la Fédération des officiers de la Marine marchande, a déclaré : "Il est préoccupant d’entendre que les équipages rapportent que la nuit a été particulièrement éprouvante. Nous demandons que des mesures soient mises en œuvre rapidement."
"Un monde maritime figé"
Sous une tension constante, certains marins partagent leurs expériences sur les réseaux sociaux. Un ingénieur grec évoque des journées rythmiques par l'inquiétude : "Nous devons rationner notre eau, notre nourriture et notre carburant." Il a par ailleurs reçu des alertes en continu depuis 4 heures du matin. Récemment débarqué, il s'inquiète pour ceux qui restent encore bloqués.
Les armateurs français, approchés pour des commentaires, ont choisi de ne pas se prononcer, mais mentionnent que seuls des volontaires sont à bord actuellement. Cette crise sans précédent dure depuis déjà 12 jours, laissant planer des incertitudes sur la durée du conflit. Paul Tourret, directeur de l'Institut Supérieur de l'Économie Maritime (ISEMAR), souligne : "Les bateaux fonctionnent avec du diesel. Ils auront besoin de réapprovisionnement en vivres et en carburant, une nécessité à laquelle il faut penser gravement."
Des entreprises comme Maersk tirent déjà la sonnette d'alarme sur l'approvisionnement en carburant de ces navires. Les réserves s'épuisent et la menace d'une pénurie de fioul se dessine à l'horizon.







