L’un des principaux suspects dans le meurtre d’Abdel Hafid Akkouche, abattu en février 2015 à Bagnolet, a été acquitté le 26 mars par la Cour d’assises spéciale de Bobigny, après que son alibi ait été jugé crédible par les magistrats.
La décision rendue par la Cour d’assises de Seine-Saint-Denis était attendue. Gallo D., 33 ans, accusé du meurtre, a vu son acquittement prononcé après des débats s’étalant sur plusieurs semaines. Les juges ont conclu à l'« absence d'éléments matériels, techniques ou scientifiques » qui pourraient corroborer les accusations portées contre lui, comme l’indique l’Agence France-Presse.
30 ans de réclusion criminelle réclamés
Au cours du procès, le ministère public avait demandé 30 ans de réclusion, en arguant que Gallo D. avait joué un rôle clé dans cette exécution. L’avocate générale avait affirmé son implication dans la préparation de cette attaque, alors même que son avocat, Me Steeve Ruben, insistait sur son innocence, soutenue par un alibi solide : celui-ci était accompagné par sa compagne, Sarah B., qui a confirmé sa présence pendant la nuit fatidique.
Les témoignages, cependant, n'ont pas toujours été en faveur des autres accusés. Les deux qui avaient désigné Gallo D. comme le commanditaire n'ont pu étayer leurs déclarations. Cela a conduit les magistrats à considérer le dossier comme trop fragile pour justifier une condamnation.
Le drame s’est produit dans la nuit du 19 au 20 février 2015, où Abdel Hafid a été fauché par des tirs à bout portant, malgré ses suppliques. Selon les enquêteurs, il s’agissait d’une « erreur tragique », un acte de vengeance dirigé initialement contre une autre personne, Djelloul M. Ce dernier, lui-même présent sur les lieux au moment des faits, a miraculeusement échappé à la fusillade.
« C’était un jeune bien intégré dans la communauté et il ne méritait pas ce sort », a témoigné un voisin, soulignant que Hafid était connu pour son investissement dans le sport et sa récente création d’entreprise. La cour a confirmé qu'il n'était pas la cible. L'exécution est le résultat d'un règlement de comptes liés à des tensions anciennes.
De leur côté, les quatre autres co-accusés ont vu leurs culpabilités confirmées et ont reçu des peines allant de 2 à 22 ans de prison. Le parquet général reste silencieux sur une éventuelle procédure d'appel, laissant planer le doute sur la suite de cette affaire judiciaire mouvementée.







