Les avocats du barreau de Périgueux et de Bergerac-Sarlat, en Dordogne, se mobilisent pour s'opposer à une réforme jugée menaçante pour l'intégrité de la justice. À Périgueux, le service de permanence pénale ne répondra plus au téléphone, tandis que les professionnels de Bergerac envisagent de boycotter les audiences.
Cette semaine de grève, qui court jusqu'au 13 avril, fait écho aux préoccupations concernant l’introduction d’une procédure de plaider coupable dans les affaires criminelles. Le bâtonnier des avocats de Périgueux, Alexandre Lemercier, affirme que cette réforme constitue « une rupture majeure ». Une assemblée générale a été organisée, où il a été décidé de mobiliser tous les avocats contre cet avant-projet, notamment à l’approche d’une journée nationale d’action prévue le 13 avril.
« Nous craignons que cette nouvelle procédure exerce une pression sur les accusés, leur laissant croire à une sanction plus clémente », explique Lemercier. « De plus, la voix de la victime pourrait être totalement ignorée, minant ainsi le débat judiciaire ».
Les avocats Bergeracois partagent également ces inquiétudes en dénonçant une justice « soi-disant négociée, mais surtout expéditive ». Le barreau de Bergerac-Sarlat soutient que cette réforme remet en cause les principes fondamentaux du procès pénal. Ils continuent de revendiquer leur droit à un procès équitable et transparent.
La grève s’étend à tous les aspects du secteur pénal, impliquant une suspension des interventions judiciaires. « Nous ne participerons pas aux affaires désignées d’office ni à la permanence victime. Aucune intervention à titre gratuit ne sera faite », précise encore Lemercier.
Pierre-Emmanuel Barrois, bâtonnier de Bergerac, a souligné que si la situation ne s'améliore pas, la grève pourrait toucher l’ensemble du secteur civil. La décision de ne pas répondre aux appels durant cette période de grève a été prise avec le souhait d’attirer l’attention sur la gravité de la situation, avec l’espoir que leurs voix soient enfin entendues.
La mobilisation restera active jusqu’au 13 avril, date cruciale pour le futur de la justice pénale en France. Pour de nombreux avocats, ces mesures représentent la dernière chance de préserver un système judiciaire juste et équilibré.







