Jean-Dominique Senard, l'actuel président de Renault, mettra un terme à son mandat en 2027. Cette décision a été confirmée par des sources proches du dossier à l'AFP. À 73 ans, Senard, qui a été appelé par l'État à la rescousse de Renault après la démission controversée de Carlos Ghosn, ne sollicitera pas de nouvel mandat après ses huit années de service.
Renault a indiqué que son mandat se terminera lors de l'assemblée générale prévue au printemps 2027. Bien que la limite d'âge pour un nouveau mandat soit fixée à 72 ans, une prolongation était envisageable selon les règles internes du groupe rapporté par La Tribune.
Appelé à prendre les rênes de Renault au début de 2019, Senard a su redresser un groupe en proie à des incertitudes, notamment après l'arrestation de Ghosn à Tokyo pour malversations. Le calme diplomatique de Senard a constitué un changement bienvenu dans la direction, remplaçant le style plus turbulent de son prédécesseur. Il a travaillé en étroite collaboration avec des directeurs généraux, d'abord Thierry Bolloré, puis Luca de Meo et prochainement François Provost, qui prendra les commandes en juillet 2025.
Renault retrouve sa place sur le marché français
Après une période de turbulence exacerbée par la crise sanitaire, la marque a annoncé un plan de réduction d'effectifs en mai 2020, impliquant la suppression de 15 000 postes à l’échelle mondiale, dont près de 4 600 en France. Cependant, Renault a récemment enregistré des résultats positifs avec des lancements à fort potentiel, comme la nouvelle R5 électrique prévue pour 2024 et la Twingo électrique.
Les performances commerciales se sont également améliorées, Renault et sa filiale Dacia ayant atteint une part de marché de 26,36 % en France en 2025, dépassant les 25,79 % des 14 marques de Stellantis, y compris Peugeot et Citroën. Par ailleurs, la part des ventes de véhicules électriques a atteint 32 % des ventes totales de Renault en début 2026, surpassant la moyenne du marché français.
Cependant, cette transition vers l'électrique a également un coût. La marge opérationnelle du groupe a chuté de 7,6 % en 2024 à 6,3 % en 2025, ce qui reflète un investissement dans des véhicules moins rentables que les modèles thermiques. De plus, une perte nette de 10,9 milliards d'euros a été portée en partie par une réévaluation de la valeur de ses participations dans Nissan.







