Poursuivie pour l'incendie du cadran solaire géant sur le rond-point du péage nord de Rivesaltes en janvier 2019, en pleine période des gilets jaunes, une mère de famille de 41 ans a été relaxée par le tribunal correctionnel de Perpignan. Ce jeudi 16 avril marque probablement l'aboutissement d'une saga judiciaire qui a laissé la communauté dans l'incertitude.
Le cadran solaire, œuvre de l'artiste Marc-André de Figuères, avait été détruit dans la nuit du 18 au 19 janvier 2019, pendant les manifestations. À la suite de cet incident, la flèche emblématique a été démontée et ne sera jamais réinstallée. Coincée dans un imbroglio judiciaire, une seule femme a finalement été accusée, et elle a été acquittée lors du jugement.
Lors de l'audience, cette mère de deux enfants, aujourd'hui travailleuse sociale, a maintenu son innocence. Avec émotion, elle a déclaré : "Lorsque je suis partie du rond-point cette nuit-là, il n'y avait pas de feu. Je n'ai rien allumé. Je n'y suis pour rien". Bien qu'elle ait admis avoir déposé des pneus dans la structure, elle a justifié son acte comme étant habituel et non lié à l'incendie.
Cependant, certains manifestants affirment qu'elle aurait bien déclenché les flammes. Ces témoignages, pourtant, se révèlent moins fiables qu'espéré. L'avocat de la partie civile, Me Raymond Escalé, représentant Perpignan Méditerranée Métropole, propriétaire du cadran, a déclaré : "L'incendie n'est pas l'œuvre d'une seule personne". Le procureur, Nassim Beddiaf, a lui aussi reconnu des zones d'ombre dans ce dossier complexe, affirmant qu'il pouvait aussi bien s'agir d'autres individus, rendant difficile l'identification du véritable coupable.
Des incohérences et des manquements dans la procédure
Pour la défense, l'avocate Me Mélanie Le Quellec a exprimé sa satisfaction : "C'est un grand soulagement et une juste décision. Nous avons constaté trop d'incohérences et de manquements dans la procédure. L'instruction n'a pas été au bout des choses", signalant un manque de preuves solides.
Marc-André de Figuères, qui a déjà reçu une indemnisation de 60 000 euros pour le droit moral sur sa création, a suivi le procès avec attention. Bien qu'il juge la relaxe logique, il ne cache pas son amertume : "Il y avait toute une bande et ils se sont tous débinés sur une seule personne ! Où est le coupable ? Avec une quinzaine de personnes présentes, nous restons sans réponse".
Ce procès met en lumière non seulement une œuvre perdue, mais également les défis d'une justice toujours en quête de vérités. Dans un contexte social tendu, cette relaxe soulève des questions cruciales sur la responsabilité collective et individuelle.







