Le procès du groupe criminel DZ Mafia prend une tournure inattendue, révélant des tensions au sein de la communauté judiciaire. Suite à des incidents de procédure récents qui ont marqué les audiences, plus de 1.200 avocats à travers la France ont publié une tribune pour exprimer leur désapprobation face à la demande du procureur général d'Aix-en-Provence, Franck Rastoul, visant à mener une enquête déontologique sur quatre avocats impliqués.
Le procès, qui s'est déroulé du 23 mars au 14 avril 2026 pour un double meurtre survenu en 2019, a été marqué par un climat souvent chaotique, comme l'a rapporté 20 Minutes. Les avocats soulignent que la mise en cause de leurs pratiques est une attaque non seulement contre leur profession, mais aussi contre les fondements mêmes de la justice. Ils affirment que « poursuivre les avocats pour leur manière de défendre, c’est museler la défense ». Cette déclaration est également publiée dans le quotidien Libération.
Une question de déontologie
La position des avocats est un cri d'alarme sur la liberté d'expression en matière de défense. Ils se rassembleront à Aix-en-Provence le 30 mai prochain pour rappeler que la libre expression de la défense constitue une garantie essentielle pour un procès équitable. Les avocats visés, à savoir Mes Christine D’Arrigo, Emmanuelle Franck, Raphaël Chiche et Karim Morand-Lahouazi, soutiennent cette tribune. Me D’Arrigo fait l’objet d’une enquête déontologique ouverte par la bâtonnière de Marseille suite à la saisine du procureur.
Franck Rastoul, en réponse, a affirmé que le respect de la déontologie doit être inconditionnel, même en matière de crime organisé. Il a insisté sur la nécessité d'éviter que la vindicte et l'injure ne deviennent des normes dans les prétoires. Ce débat soulève des questions cruciales sur l'équilibre entre le respect des règles de la profession et le droit à une défense efficace, un point abondamment commenté dans les médias français.







