Une polémique fait irruption à Carpentras suite à la diffusion d'une chanson glorifiant le Maréchal Pétain pendant les commémorations du 8 mai. La radio locale, RTV FM, a rapidement présenté ses excuses sur les réseaux sociaux, évoquant une « erreur musicale ». Dans ce contexte, le parquet de Carpentras a lancé une enquête pour « provocation à la haine ». Selon des informations rapportées par Le Parisien, l’enquête a été ouverte de manière proactive, sans qu'aucune plainte formelle n’ait encore été déposée.
Cette enquête vise à établir les circonstances précises entourant la diffusion de l’hymne vichyste, une chanson reconnue pour sa connotation historique négative, pouvant entraîner des sanctions sévères, allant d'un an de prison à des amendes s'élevant jusqu’à 75 000 euros pour des agents publics. Le parquet, dans un communiqué, a précisé qu'il souhaitait agir rapidement, sans attendre une plainte, et a affirmé qu'« aucune piste n'est privilégiée ».
La mairie à l'écart des responsabilités
Hervé de Lépinau, le maire de Carpentras, représentant du Rassemblement national, a exprimé son indignation face à cet incident. Dans une déclaration, il a évoqué son intention de porter plainte pour « malveillance », se disant « écœuré » par la situation. Les faits se sont déroulés alors que cette chanson, emblématique du régime de Vichy (1940-1944), a été diffusée parmi d’autres mélodies remémorant la Libération.
Alain Giraudi, président de RTV FM, a pris la parole pour expliquer que la radio n'était pas responsable de cette diffusion. Il a indiqué qu'un technicien avait, par inadvertance, sélectionné ce morceau controversé, en dehors du programme habituel de la célébration. Ce malentendu soulève des questions sur la rigueur des sélections musicales lors d'événements à forte charge symbolique.
Des commentateurs et historiens, comme Jean-Pierre Azéma, soulignent l'importance de ce type d'incidents dans le cadre du devoir de mémoire. « Il est essentiel de rappeler les erreurs du passé pour ne pas les répéter. La musique ne doit pas être un vecteur d’idéologie », a-t-il déclaré lors d’une interview avec FranceInfo.
Cette affaire met en lumière les défis contemporains de la mémoire collective et la lutte contre les discours haineux dans un contexte de résurgence des populismes en France.







