Pendant un court laps de temps, la chaîne publique a laissé entendre qu'elle retransmettait le discours de Reims, marquant le coup d'envoi de la campagne présidentielle de l'ancien Premier ministre, ce 10 mai. En réalité, ce sont des images d'une intervention datant de l'année dernière à Marseille qui ont été diffusées.
À 14h58, ce dimanche, Patrice Romedenne, présentateur de la tranche de 14 heures à 16 heures, a joué le rôle de guide pour le public, en se réfèrant au discours d'Édouard Philippe tout en étant confondu par le contexte. "Alors, je m’interromps parce qu’Édouard Philippe prend la parole, plus tôt que prévu", a-t-il déclaré, indiquant une prétendue diffusion en direct de Reims.
Une prise de parole… en avance
La régie de Franceinfo a alors mélangé des archives du maire du Havre avec ce qui semblait être un direct. Ce n'est qu’après une question précise à la régie que Romedenne s’est rendu compte que quelque chose clochait. "On va l’écouter tout simplement”, a-t-il finalement lancé, avant de réaliser que l’ancien locataire de Matignon parlait d'événements précédents, rendant l'antenne légèrement confuse.
Dans les discours récents, Édouard Philippe a mentionné le général de Gaulle et a mis l'accent sur des réflexions relatives à Marseille, bien que ces propos provenaient d'une conférence de mai 2025, comme l’a noté le quotidien Le Parisien.
Mauvais graphiques, dérapages…
À l'issue de cette diffusion, le journaliste Jean-Christophe Galeazzi a présenté des excuses publiques : "Nous avons diffusé brièvement un discours antérieur d'Édouard Philippe, et dès que nous nous en sommes aperçus, nous avons rectifié le tir", a-t-il expliqué. Cet incident n'est pas sans rappeler d'autres erreurs précédentes de la chaîne, comme celle sur des graphiques trompeurs liés aux élections à venir, où des informations sur les intentions de vote avaient été déformées.
En mars dernier, Nathalie Saint-Cricq avait été sanctionnée pour un commentaire controversé lié à une autre intervention politique.
Forte concurrence des chaînes privées
Toutes ces erreurs ont suscité des remous au sein de la direction de Franceinfo, qui a récemment changé plusieurs fois de leadership. Après la démission de Laurent Delpech, âgé de six mois à la tête de la chaîne, Muriel Pleynet a pris le relais avant que Nicolas Marut ne soit débauché de BFMTV pour faire face à la forte compétition des chaînes d’info privées.
Avec des chiffres d’audience en berne et un objectif d'amélioration à l'aube de ses 10 ans, Franceinfo doit désormais redoubler d’efforts pour maintenir sa place face à des chaînes concurrentes comme BFMTV, LCI et CNews, qui continuent de dominer le paysage médiatique.







