Alors que la France fait face à un recul de son influence en Afrique, exacerbé par les mouvances pro-russes et l'expansion des investissements chinois, Emmanuel Macron entame une tournée stratégique sur le continent,avec des escales en Égypte, au Kenya et en Éthiopie. L’objectif affiché : établir un partenariat plus solide et équilibré avec de nouveaux alliés.
Huit ans après son discours marquant à Ouagadougou, promettant une relation "d'égal à égal" avec l'Afrique, le président français retourne sur le continent. Son séjour prévoit de renforcer un "partenariat renouvelé" avec plusieurs pays africains, en mettant l'accent sur des enjeux économiques et politiques cruciaux.
Pourquoi ce sommet au Kenya est-il important ?
Les 16 et 17 octobre, Emmanuel Macron participera au sommet "Africa Forward" à Nairobi, aux côtés du président kényan William Ruto. Selon l'Élysée, cet événement doit constituer "une étape majeure" pour rehausser les relations entre la France et l'Afrique. Notons que ce premier sommet franco-africain organisé dans un pays anglophone marque un tournant dans les relations bilatérales.
Le choix du Kenya n'est pas fortuit : Paris aspire à tisser des liens plus étroits avec ses partenaires anglophones, notamment en matière d'énergies renouvelables, d'intelligence artificielle et d'éducation, secteurs jugés stratégiques pour l'avenir.
Pourquoi la France change-t-elle de stratégie en Afrique ?
La chute de l'influence française dans la région du Sahel, avec les récents renversements de régime et la prolifération de juntes miliaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, incite Paris à repenser sa diplomatie. Ces nations, en se détachant de la France, se rapprochent de puissances comme la Russie, laissant Paris dans une position délicate.
Le retrait progressif des forces militaires françaises en raison des tensions croissantes et du souhait d'autonomie exprimé par des pays comme le Sénégal (où le président Bassirou Diomaye Faye a clairement déclaré que la présence militaire étrangère remettait en question la souveraineté nationale) poussent la France à rechercher de nouveaux partenaires jugés plus stables.
La France peut-elle encore rivaliser avec la Chine et la Russie ?
La France fait face à une compétition redoutable sur le continent africain, où la Russie et la Chine renforcent leur présence. Si la Russie accentue ses initiatives sécuritaires, la Chine s'impose à travers des investissements massifs dans les infrastructures, comme en témoigne l'abandon d'un projet autoroutier par Vinci en faveur d’entreprises chinoises au Kenya.
Pour ne pas perdre son influence, la France projette d'accroître ses partenariats économiques avec les États africains et soutient également les appels à la réforme du système financier international, un point soulevé par plusieurs dirigeants africains, notamment lors des discussions à anticiper sur ce sommet.







