La Cour suprême des États-Unis a annoncé, jeudi dernier, une décision cruciale en maintenant temporairement l'envoi postal de la mifépristone, un médicament utilisé pour la majorité des interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans le pays.
Cette décision fait suite à une contestation d'une cour d’appel ultraconservatrice qui avait bloqué l'envoi de ce médicament. La haute cour réfléchira bientôt sur le fond du dossier, mais pour l'instant, les femmes américaines peuvent continuer à recevoir ce traitement crucial chez elles.
Les juges de la Cour suprême s'étaient données jusqu'à ce jour pour examiner le recours présenté par les fabricants de la pilule, Danco et GenBioPro. Selon les données de 2023, près de deux tiers des avortements effectués aux États-Unis étaient médicamenteux, soulignant l'importance de la mifépristone dans le système de santé reproductive.
Des voix discordantes au sein de la Cour
Deux juges conservateurs, Samuel Alito et Clarence Thomas, ont fait part de leur désaccord avec cette décision. Danco a souligné que l'interdiction de l'envoi postal engendrerait une confusion considérable pour les patients, les distributeurs et les pharmacies. La requête mettait en avant des situations critiques où les femmes, n'ayant pas accès à un rendez-vous en personne, se retrouveraient dans une impasse.
Selon le Guttmacher Institute, environ 25 % des femmes pratiquant un avortement médical en début de 2025 avaient utilisé une téléprescription, témoignant de l’évolution vers un accès plus en ligne à ces services.
Un droit à l'avortement menacé
Restreindre l'envoi postal de la mifépristone limiterait significativement l'accès à l'avortement dans un pays où, après l'arrêt de la Cour suprême en 2022, ce droit n'est plus sécurisé au niveau fédéral et dépend désormais de chaque État.
Cette situation découle d'une décision initiée par la Louisiane, un État connu pour ses réglementations rigoureuses en matière d'avortement. La Cour suprême avait déjà, en 2024, rejeté une tentative de limiter l’accès à la mifépristone, déclarant que ceux qui s'opposaient à l'avortement n'avaient pas la légitimité nécessaire pour se défendre au tribunal.
La mifépristone est généralement combinée avec le misoprostol, formant ainsi un protocole efficace pour les avortements médicamenteux aux États-Unis.







