Après avoir réalisé quatre films remarqués dans la Sélection officielle, dont deux Grand Prix, le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook est honoré d'être le président du jury pour cette 79e édition du Festival de Cannes.
En 2004, alors que Quentin Tarantino remettait le Grand Prix à Park Chan-wook pour son œuvre acclamée Old Boy, il ne savait pas qu'il venait de lancer la carrière d'un géant du cinéma coréen. Ce thriller audacieux, empreint de névrose et de violence, rend hommage aux films de série B, un genre également chéri par Tarantino. Park a su captiver l'attention internationale, et vingt-trois ans plus tard, il est de retour à Cannes, cette fois en tant que président du jury. "Les récompenses doivent récompenser des œuvres qui continueront à inspirer pendant des décennies", déclare le réalisateur âgé de 62 ans.
Son jury aura pour mission d'attribuer la prestigieuse Palme d'Or 2026 lors de l'ouverture de la quinzaine cannoise, prévue le mardi 13 mai. Au cours de sa carrière, Park Chan-wook a fait plusieurs allé-retours entre la Corée du Sud et la Croisette, avec quatre de ses douze longs-métrages ayant été présentés en compétition officielle. En plus d'Old Boy, il a remporté des prix avec Thirst, ceci est mon sang (Prix du Jury 2009) et Decision to Leave (Prix de la mise en scène 2022). Seul le thriller historique et romantique Mademoiselle est sorti des festivités sans récompense en 2016.
Pour approfondir ses influences, de nombreux critiques notent que Park allie une vision cinématographique unique à une réflexion politique aiguisée, captivant ainsi un public large, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Corée. Comme le souligne le critique de film Jean-Pierre Lacroix, "Park est un conteur, un poète de l'image, qui utilise sa caméra pour poser des questions sur la condition humaine, ce qui fait écho à des problématiques universelles".
En attendant la quinzaine, la communauté cinématographique attend avec impatience les choix d'un jury présidé par un maître du récit et de la rébellion artistique.







