En ce moment, l'hantavirus est au cœur des préoccupations des autorités sanitaires, mais malheureusement, il n'existe toujours pas de remède spécifique à cette maladie. Toutefois, des études expérimentales sont en cours pour avancer dans ce domaine.
Récemment, une patiente a été hospitalisée en réanimation à Paris à l'hôpital Bichat, mettant en lumière la gravité de la situation, alors que 22 cas contacts ont été identifiés. Les hantavirus, présents sur tous les continents, sont transmis par les urines, la salive et les déjections des rongeurs, causant de graves maladies respiratoires et rénales, parfois mortelles. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que le virus des Andes, en particulier, peut évoluer rapidement vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë, avec un taux de létalité avoisinant les 40%.
Des recherches limitées, mais des efforts soutenus
Actuellement, les traitements se concentrent principalement sur la gestion des symptômes. Les soins consistent à oxygéner les patients et à stabiliser leur pression artérielle. Dans les cas les plus critiques comme celui de la patiente parisienne, il se peut qu'une machine d'oxygénation du sang soit nécessaire.
Comme le note l'Institut Pasteur, "les recherches sur les diagnostics spécifiques aux hantavirus débutent à peine" et les traitements ainsi que les vaccins expérimentaux sont majoritairement à un stade préliminaire. Depuis 2020, une quinzaine d'études sur les hantavirus ont été identifiées dans le registre des essais cliniques de l’OMS.
Les projets en cours : premiers pas vers des solutions
À l'heure actuelle, aucun vaccin n'est accessible contre la souche des Andes. Odile Launay, professeure à l’Université Paris Cité, souligne le défi financier : "Développer un vaccin pour une centaine de cas par an semble complexe". Cependant, des projets prometteurs voient le jour, notamment un essai aux États-Unis sur un vaccin expérimental à ADN contre le virus Andes, ainsi que des initiatives pour créer un vaccin à base d'ARN.
Un vaccin inactivé existe en Chine et en Corée du Sud pour d'autres types d’hantavirus, mais son efficacité est jugée limitée. "Il ne serait probablement pas efficace contre le virus des Andes", affirme Olivier Schwartz, virologue à l'Institut Pasteur, lors d'une récente conférence.
Antiviraux et anticorps : des voies encore exploratoires
"Actuellement, il n'existe pas de traitement antiviral efficace", rappelle l'infectiologue Xavier Lescure. Les soins se limitent à la prise en charge des symptômes. Bien que des études portent sur des molécules comme la ribavirine ou le favipiravir, leur efficacité reste à démontrer, résultant en partie de la nécessité d’administrer ces traitements précocement.
Des recherches se concentrent également sur des traitements à base d'anticorps, une approche prometteuse qui pourrait offrir des solutions préventives pour les personnes exposées et même un traitement dès l'apparition des premiers symptômes. La biotech française SpikImm, spécialisée dans la création d'anticorps monoclonaux, s'est déclarée prête à intervenir en cas de flambée d'hantavirus.
Prévention : l'importance des comportements face à l'absence de traitements
En l'absence de vaccins et de traitements adéquats, des mesures préventives demeurent essentielles."Face à une maladie peu transmissible, le port du masque et le lavage des mains peuvent aider à prévenir la transmission", conclut Xavier Lescure. Ces gestes simples sont cruciaux pour minimiser les risques en attendant de meilleures solutions thérapeutiques.







