Le défi du maire face au plan social de la polyclinique Pau Pyrénées

Jérôme Marbot face à la réduction de postes et l'avenir des soins à Pau.
Le défi du maire face au plan social de la polyclinique Pau Pyrénées
Le plan social à la polyclinique est le premier coup dur de la mandature de Jérôme Marbot. Le sujet va concentrer l’essentiel de son énergie ces prochaines semaines. © Crédit photo : Magali Silva / SO
Le plan social du groupe GBNA, annonçant jusqu’à 161 suppressions de postes à la polyclinique Pau Pyrénées, représente un des premiers grands défis pour Jérôme Marbot. Bien qu’il ne dispose pas de solutions magiques, plusieurs options s’offrent à lui.

Il est déjà difficile d’envisager un début de mandat pour un nouvel élu sans être confronté à des défis majeurs. Jérôme Marbot, le récent maire de Pau, doit faire face à un coup dur, avec l’annonce du plan social du groupe GBNA, qui inclut la fermeture de la clinique Marzet et de la maternité de Navarre, ainsi que jusqu’à 161 postes supprimés. Ce plan a des implications considérables pour l’offre de soins dans l’agglomération paloise, et au-delà, pour tout le Bearn à cause de la concentration des structures de santé à Pau.

Jérôme Marbot a accepté d'échanger avec Sud Ouest au sujet des leviers dont il dispose pour soutenir les employés de la polyclinique, mais également ceux du Centre hospitalier de Pau, en raison des réformes des services qui s'annoncent.

« J’interviens à plusieurs niveaux dans ce dossier », affirme Jérôme Marbot. « Comme futur président du conseil de surveillance de l’hôpital, mon objectif est de garantir la pérennité du service public hospitalier, en m’assurant que l’hôpital ne devienne pas simplement un refuge pour des activités que GBNA souhaite abandonner. » Il insiste sur le fait que si l'hôpital doit reprendre des services abandonnés par Marzet et Navarre, ces derniers doivent être cohérents avec l’offre de soins globale. « Nous ne pouvons pas compenser ces fermetures en prenant uniquement les prestations les plus rentables. »

Selon lui, l’hôpital public est en mesure d’assurer certains soins, à condition que cela ne cause pas une surcharge de ses services. Il rappelle que des investissements importants ont récemment été réalisés à l’hôpital, rendant inacceptable un éventuel engorgement des lieux. « Il est hors de question d’accepter une afflux massif de patients qui ne peuvent plus trouver de soins ailleurs. »

Rassembler les acteurs de la médecine libérale

Jérôme Marbot est conscient que, en tant que maire, il a des moyens limités pour influencer les décisions d’entreprises privées. Cependant, il se consacre à établir un dialogue entre tous les acteurs concernés depuis l'apparition du redressement judiciaire. « Je suis en contact avec les représentants de l’Agence régionale de santé, les préfets, les actionnaires, les médecins, afin de comprendre les enjeux et de faire émerger des solutions alternatives. »

Il envisage de rassembler les professionnels de la médecine libérale, définissant cela comme une priorité : « De nombreuses activités, qui ne nécessitent pas d’infrastructure hospitalière, pourraient s’installer en libéral. Il est crucial de maintenir ces services à Pau. »

L'ARS à la barre

Le maire de Pau a aussi noté la fermeté des autorités sanitaires - l’ARS et la préfecture - face aux menaces à l’offre de soins posées par ce plan social. « J’ai demandé au directeur de l’ARS d’accompagner ses déclarations par des actions concrètes. » Il souligne que GBNA, en tant qu'entité régionale, doit collaborer de manière constructive avec l’ARS, dont dépendent tous les agréments des cliniques du groupe. « Ils doivent respecter ce partenariat, sinon ils feront face aux conséquences. »

« J’ai demandé au directeur de l’ARS d’accompagner ses déclarations par des actions concrètes. »

Cette stratégie, même si elle semble risquée, est une préoccupation pour Jérôme Marbot : « Je sais qu’ils ont cherché à croître rapidement ces dernières années en acquérant plusieurs cliniques à des prix élevés, ce qui les a maintenant mis en difficulté. Nous ne pouvons pas permettre que les cliniques paloises subissent les conséquences de décisions financières malavisées prises ailleurs. »

Le Département inquiet pour le futur

Jean-Jacques Lasserre, président du Département des Pyrénées-Atlantiques, a exprimé cette semaine sa profonde préoccupation suite aux annonces du plan de sauvegarde de l’emploi proposé par GBNA Santé. « Les fermetures envisagées de plusieurs services essentiels représentent un choc sanitaire et social majeur pour l’ensemble du Bearn, touchant près de 450 000 habitants. Les employés ne devraient pas être les victimes des erreurs stratégiques de gestion de GBNA. Les répercussions seraient énormes. »

Le Département s'engage à garantir la continuité des soins pour les patients, à veiller à l'accompagnement des salariés concernés, et à assurer la pérennité d'une offre hospitalière accessible et sécurisée, tout en coordonnant les efforts entre l’État, l’ARS, le Centre hospitalier de Pau, et tous les acteurs de la santé.

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