20 Minutes avec AFP
Une évolution significative se dessine dans le paysage culturel français. Le président Emmanuel Macron a officiellement promulgué une loi le samedi dernier qui allège la procédure de restitution des œuvres d'art spoliées pendant la période coloniale, une demande qui persiste depuis de nombreuses années, en particulier vis-à-vis des nations africaines et saluée par la Chine. Cette nouvelle législation permet au gouvernement de retirer une œuvre du domaine public par simple décret, sans qu'il soit nécessaire de légiférer au cas par cas pour chaque restitution.
Cependant, il est important de noter que si un bien culturel appartient à une entité publique autre que l'État, son retrait du domaine public ne pourra être validé qu’après l'accord de cette entité. La loi ne concerne que les objets acquis entre le 20 novembre 1815 et le 23 avril 1972, délimitant une période spécifique qui couvre les apogées de l'Empire colonial français jusqu'à l'entrée en vigueur d'une convention de l'UNESCO.
Une promesse de presque dix ans
L’adoption de cette mesure législative est la concrétisation d'une promesse formulée par Emmanuel Macron en 2017 lors de son discours historique à Ouagadougou, marquant son engagement à rétablir des relations plus équilibrées avec les anciennes colonies françaises. Actuellement, le président poursuit une tournée en Afrique, avec une escale au Kenya. Les demandes de restitution des œuvres pillées par la France, en particulier en Afrique, sont anciennes, mais rencontraient jusqu’à présent des freins juridiques liés à l'inaliénabilité des collections publiques.
Notons que Paris avait ouvert la voie en Europe en 2020, en restituant un premier lot de 26 trésors au Bénin, suivi de l'émouvant retour du sabre d’El Hadj Omar au Sénégal. Plus récemment, un « tambour parleur » confisqué pendant la période coloniale a été restitué à la Côte d'Ivoire après plusieurs années de procédure.
Cette loi a également reçu un accueil enthousiaste de la part des autorités chinoises, qui ont exprimé leur intérêt pour une collaboration plus étroite avec la France sur cette question. Cela fait écho aux nombreux objets culturels pillés lors du sac du Palais d'été de Pékin par les troupes franco-britanniques en 1860, un épisode soulignant l'ampleur des pertes culturelles résultant de l'impérialisme.







