L'essentiel
Le nouveau maire de Carcassonne, Christophe Barthès, a récemment supervisé la réinstallation de la statue de Jeanne d’Arc sur le parvis de la cathédrale Saint-Michel. Bien que cette figure emblématique ait souvent été associée au Rassemblement National (RN), elle semble avoir été mise de côté par certains leaders contemporains tels que Marine Le Pen et Jordan Bardella. Avec ce symbole, Barthès évoque un passé historique lié au fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen.
Christophe Barthès, passionné par ses nouvelles responsabilités, a exprimé sa volonté de réinstaller cette statue sur les réseaux sociaux, affirmant son désir de “rallumer la flamme” comme l’a fait remarquer Jordan Bardella. Ce retour, paraphrasant des événements passés, est bien plus qu'une simple coïncidence : il illustre de manière claire les ambitions politiques du maire.
En choisissant cet emplacement, l’édile recrée également un souvenir lié à certaines traditions de l’extrême droite. La première grande célébration autour de Jeanne d'Arc date de 1988, lorsque Jean-Marie Le Pen, à la tête du Front National, a rassemblé des foules pour honorer l'héroïne française après un score électoral impressionnant lors de l’élection présidentielle. Précisément, entre 25 000 et 30 000 personnes avaient répondu présent pour cette commémoration, qui est devenue un rituel annuel jusqu'en 2015.
Cette année-là marquera également un tournant important, car Jean-Marie Le Pen a fait des déclarations controversées sur les chambres à gaz, ce qui l’a éloigné des événements officiels du parti. Cela a également conduit à une évolution du discours au sein du RN, où l’hommage à Jeanne d’Arc a perdu de sa résonance. Marine Le Pen a alors cherché à distancer son mouvement de l’héritage de son père.
Un symbole mis sur la touche ces dernières années
Marine Le Pen, tout en ayant fondé un micro-parti intitulé “Jeanne” en 2010, a progressivement dépriorisé l’hommage traditionnel. En 2016 et au-delà, les rassemblements en l’honneur de Jeanne d’Arc ont été remplacés par des événements jugés plus neutres, comme le “banquet patriotique”. Une évolution qui a suscité des critiques au sein même du RN, notamment de factions plus traditionnelles.
Aujourd'hui, dans l’Aude, le retour de la statue est également salué par des groupes identitaires tels que Novelum Carcassonne qui ont exprimé leur gratitude envers Barthès pour cette initiative. Pour beaucoup, la réinstallation de Jeanne d'Arc à Carcassonne souligne un besoin d'ancrage dans un héritage politique qui, malgré les transformations modernes du RN, demeure une référence pour certains de ses acteurs.







