La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, connue sous le nom de Ciivise, a publié un rapport inquiétant sur la mise en œuvre de ses recommandations. Alors que la protection des enfants contre les violences sexuelles est plus cruciale que jamais, seulement 28% des propositions ont été pleinement appliquées.
Dans son rapport publié le 15 juin, la Commission rappelle qu'alors que près d'un quart des recommandations restent en l'état, certaines d'entre elles font partie des plus essentielles. Celles-ci incluent la reconnaissance de l'inceste comme infraction spécifique et l'assistance psychologique des victimes, des points cruciaux pour garantir la sécurité des enfants.
Maître Olivier Duhamel, expert en droit et membre de la Ciivise, déclare : "Il est impératif que le gouvernement prenne des mesures concrètes. Le temps des débats est révolu. Nous avons besoin d'actions immédiates pour protéger nos enfants". En effet, le rapport afirme que chaque année, environ 160.000 enfants sont touchés par ces violences, avec un enfant victimisé toutes les trois minutes.
Le mauvais bilan d'application des mesures
Concernant le aspect judiciaire, seules 27 des 41 recommandations relatives à la justice ont été mises en œuvre, entraînant une situation alarmante pour les victimes. Christine Mulot, psychologue spécialisée, déclare : "Nous sommes en train de rater une occasion historique de transformer la manière dont l'État protège les enfants. Si les réformes ne sont pas mises en œuvre, la loi familiale continuera de désavantager les victimes".
La Ciivise insiste également sur la nécessité d’un plan national de formation des professionnels aux violences domestiques. Cependant, malgré des efforts notables dans certains domaines, tels que l'éducation à la vie affective à l'école, elle estime que cela reste insuffisant pour changer la donne. La protection de l'enfant doit devenir "le principe directeur" de toute la chaîne judiciaire et éducative.
En réaction à cette situation, des associations appellent à une mobilisation large contre l'inaction, affirmant qu'elles "ne veulent pas de mesurettes" mais une loi intégrale contre les violences sexuelles. D'après le mouvement #MeToo inceste, cette mobilisation est essentielle pour briser le silence autour des violences faites aux enfants.
Les recommandations du rapport de la Ciivise doivent être prises au sérieux, et une réponse rapide et efficace de la part de l'État est attendue. La protection des enfants, qui sont les plus vulnérables dans notre société, doit être une priorité nationale.







