La cour d'appel de Bordeaux a récemment pris une décision qui pourrait sceller l'avenir de l'empire de Michel Ohayon. En effet, elle a rejeté le plan de redressement proposé par la Financière immobilière bordelaise (FIB), entité centrale de son vaste groupe qui englobe les Galeries Lafayette et plusieurs établissements hôteliers de luxe. Ce plan, qui prévoyait un abandon de plus d'un milliard d'euros de créances, est jugé inacceptable par le tribunal de commerce de Bordeaux, qui avait déjà exprimé ses réserves à propos de cette approche, notamment en raison des montants colossaux impliqués, estimés entre 1,4 à 1,7 milliard d'euros.
Une opération controversée
Ce rejet a été confirmé par un arrêt rendu le 9 juillet, conséquence d'une audience tenue dans le secret d'une salle de la cour d'appel bordelaise. Bien que certains créanciers puissent bénéficier de garanties, celles qui ne le sont pas, notamment les fournisseurs, supporteraient la majeure partie de l'effort financier demandé. En effet, ceux-ci risquent de ne récupérer qu'environ 2% de leurs créances à travers ce plan calculé sur neuf ans, une perspective jugée profondément insatisfaisante.
Michel Ohayon a pris la parole suite à cette décision : « Ce rejet impose le renvoi au tribunal de commerce pour la création d'un plan classique, plus simple et satisfaisant pour toutes les parties », a-t-il déclaré. Mais ce débouché pose la question de l'efficacité d'un tel processus dans un contexte où la mise en suspens de la période d’observation n'a pas été synonyme d'avancées véritables pour la FIB.
Vers une liquidation inéluctable ?
En place depuis 1996, la FIB représente un méandre complexe d'entreprises, y compris des palaces renommés et de nombreuses enseignes de retail. La crise du Covid-19 a fortement aggravé une situation déjà précaire, plaçant plusieurs filiales sous procédures de sauvegarde ou liquidation. La pression monte désormais sur le tribunal pour qu'il prenne des décisions claires, surtout alors que la cour a rappelé que la fin de la période d'observation ne doit pas échapper aux normes juridiques en vigueur.
En se tournant vers l'avenir, Jonathan Szejner, le nouveau président de la FIB, insiste sur la nécessité d'une réévaluation des créances déclarées dans un contexte jugé ubuesque par de nombreux observateurs. « Il est incroyable de prétendre que nos créances atteindraient 1,7 milliard d'euros quand certains ont fait des déclarations multiples sur la même somme », s'est-il indigné.
Alors que la situation demeure incertaine, les experts s'interrogent sur la viabilité d'une nouvelle proposition de redressement qui devra impérativement respecter les réalités économiques du moment. La cour a souligné la nécessité d'une clarté rapide dans ce processus, laissant entrevoir des implications sérieuses pour l'avenir de la holding de Michel Ohayon.







