Un serveur de 28 ans, identifié comme ayant des liens avec « l'ultragauche radicale violente », a récemment été mis en examen pour des projets d'attaque à l'encontre des forces de l'ordre. Cette information a été confirmée ce vendredi, après avoir été révélée par le journal Le Monde.
Selon des sources judiciaires, l'individu a été mis en examen le 4 juillet pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes ». Il a été placé sous contrôle judiciaire à la suite d'un débat contradictoire, mais le parquet national anti-terroriste (PNAT) a fait appel de cette décision. Une perquisition à son domicile, localisé en Essonne, a révélé des manifestes politiques ainsi que des tutoriels sur la fabrication d'armes artisanales.
D'après des sources proches du dossier, l’individu aurait également eu des contacts avec un acteur « anarchiste » au Rojava, région semi-autonome kurde du nord de la Syrie.
Les arguments de la défense
Les avocats du mis en examen, Helin Kose et Ambroise Vienet-Legué, soulignent que leur client « n’a jamais eu d’activité militante radicale, ni d’adhésion à une idéologie extrême-gauche ». Ils précisent que la seule manifestation à laquelle il a participé est le défilé du 1er Mai, et que le jeune homme a « inventé une vie fictive d’engagement antiraciste ».
« Nous pouvons entendre qu'on l'interroge sur d'éventuels faits d'apologie ou d'incitation à la haine, mais qualifier cela d'association de malfaiteurs terroristes est une pure construction intellectuelle », affirment les avocats.
Ils estiment également que le dossier ne devrait pas être dirigé vers le parquet antiterroriste.
Le suivi judiciaire des mouvances radicales
Les autorités estiment qu'entre 2 000 et 2 500 militants d’ultragauche radicale sont connus des services de sécurité. En décembre 2023, sept sympathisants avaient été condamnés pour association de malfaiteurs terroriste, avec des peines allant de deux à cinq ans, dont des sursis probatoires.
La dernière affaire antiterroriste liée à l'ultragauche remonte à l'affaire de Tarnac (Corrèze) en 2008, où des accusations de sabotage des lignes TGV avaient finalement été abandonnées avant le procès.







