Une mobilisation poignante s'est tenue mardi 13 janvier 2026, devant l'école Saint-Genès La Salle à Bordeaux. Ce rassemblement, orchestré par le collectif Enfantiste, visait à dénoncer une omerta troublante qui aurait prévalu dans cet établissement. Au cœur de la controverse se trouve un ancien instituteur de 54 ans, accusé d'agressions sexuelles et de viols sur plusieurs élèves, dont le procès aura lieu prochainement devant la cour criminelle de la Gironde.
Trente-six victimes ont été identifiées, pour des faits rapportés entre 2008 et 2023. Ces chiffres alarmants interrogent la porte-parole du collectif, qui s'interroge : « Comment est-ce possible qu'autant de faits aient pu se produire sans que personne ne réagisse ? L'influence de l'institution et la pression de l'enseignement font réfléchir, surtout avec une hiérarchie si rigide », a-t-elle confié à France 3 Nouvelle-Aquitaine.
Ce silence aurait été maintenu pour protéger l'image de l'établissement et de l'enseignement catholique. Plusieurs parents et victimes ont même déposé une plainte pour non-dénonciation de crime à l'encontre de l'ancienne direction, un ancien directeur ayant mis fin à ses jours, accablé par la culpabilité de son inaction.
Le nouveau directeur de l'école a pris clairement position sur cette situation : « S'il y a eu omerta, cela est absolument inacceptable. Personnellement, je ne peux concevoir qu'une personne ait eu un soupçon et n'ait rien fait pour protéger les enfants. C'est inconcevable ». Il a affirmé se tenir aux côtés des victimes dans cette épreuve, et l’établissement a d'ores et déjà décidé de se porter partie civile dans cette affaire.
Le collectif Enfantiste a également annoncé qu'il pourrait organiser de nouvelles manifestations, soucieux de faire éclater la vérité et d'assurer que de tels abus ne se reproduisent plus. Dans les mots d'une expert en prévention des abus, « Il est crucial de briser le silence pour protéger les plus vulnérables ». Cette affaire souligne l'importance d'une vigilance collective face à des situations aussi graves.







