À la cour d'appel d'Amiens, la situation est de plus en plus préoccupante. Alors que le ministère de la Justice promet un "renforcement historique" des effectifs, la réalité sur le terrain semble tout autre. Depuis le début de l'année, la magistrature souffre d'une carence qui n'est plus à prouver.
Avec 489 magistrats et 571 greffiers attendus à travers la France d'ici décembre 2025, comme annoncé par le ministère, la cour d'appel d'Amiens semble loin de ce fait. Valérie Baudrillard, la première présidente de cette cour, ne cache pas son inquiétude : "le compte n'y est pas", a-t-elle déclaré lors de la rentrée solennelle.
En effet, l'année précédente, seulement trois postes de juges ont été ajoutés dans la région couvrant la cour d'appel, ce qui laisse encore sept postes vacants. Au total, cette juridiction regroupe 126 magistrats du siège et 45 procureurs, mais le manque d'effectifs est clairement ressenti.
Comme le souligne Maryvonne Caillibotte, procureure générale près la cour d'appel d'Amiens, "la situation est délicate. Les équipes doivent être équilibrées pour offrir un service de qualité à la population." La cour d'appel se retrouve alors à jongler avec une activité en hausse, avec plus de 5.500 décisions rendues en 2025 pour les contentieux civils, une augmentation de 3% par rapport à l'année précédente.
"Nous sommes dans l'attente de renforts qui nous sont promis, mais 2027 approche à grands pas", avertit Baudrillard. Les délais de traitement des affaires pénales sont également préoccupants, atteignant des sommets inacceptables. En effet, les accusés peuvent attendre jusqu'à quatre ans avant que leur dossier soit évalué par une cour d'assises, un délai qui préoccupe tous les acteurs de la justice.
Face à cette situation alarmante, Maryvonne Caillibotte suggère l'introduction d'un "plaider-coupable criminel" permettant d'accélérer le traitement des affaires. Ce dispositif, qui n'existe pas encore, pourrait offrir une alternative pour réduire les délais et préserver le droit des victimes. En parallèle, elle milite pour une meilleure numérisation de la justice afin d'optimiser les procédures.
Les difficultés rencontrées à la cour d'appel d'Amiens sont un reflet des tensions au niveau national, et les acteurs de la justice espèrent que des solutions rapides seront mises en œuvre pour répondre à leurs besoins. La justice se doit d'être à la hauteur des attentes des citoyens, et ce, malgré les défis considérables qui se posent.







