Le 26 septembre 2011, un drame s'est joué à Saussay en Eure-et-Loir où Éliane Vazard a été retrouvée calcinée dans un monospace, aux côtés de son mari Jean-Pierre, blessé. En 2018, celui-ci a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour cet acte d'une violence inouïe. L'ex-ministre Isabelle Rome, qui a présidé le procès, éclaire ce féminicide à travers le prisme du contrôle coercitif.
Dans une interview accordée à RTL, elle souligne que ce genre de décès n'est pas anodin, mais s'inscrit dans un schéma tragique de domination dans lequel l'agresseur cherche à réduire les interactions sociales de sa compagne. Ce type de comportement est souvent méconnu et pourtant, il constitue un terrain fertile pour des violences plus graves.
Un control coercitif alarmant
Les circonstances de cet assassinat mettent en lumière les dangers insidieux du contrôle coercitif. Selon Isabelle Rome, le contrôle coercitif se manifeste par un ensemble de comportements où le partenaire violent cherche à isoler sa conjointe : "L’isolement des amis, de la famille, et même du milieu professionnel" est souvent la première étape. Jean-Pierre Vazard, par exemple, a insisté pour déménager, convaincu qu’Éliane côtoyait trop de personnes, y compris des anciens partenaires.
« Il pensait qu’elle connaissait trop de monde dans le village »
De plus, une jalousie excessive et une dévalorisation constante sont des signaux d'alerte dans ce type de relation. Ces comportements ont été brillamment décrits par Le Monde, qui rappelle que pour briser le cycle de la violence, il est crucial d'informer et de sensibiliser le public sur ces dynamiques.
Les experts s'accordent à dire que la société doit adopter une approche préventive pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. Des campagnes comme celles lancées par des organisations telles que la Fondation des droits de l’homme visent à éduquer le public et à améliorer l'aide aux victimes. Des médecins, psychologues et sociologues se mobilisent pour déceler les signes précoces de contrôle coercitif, permettant ainsi aux victimes de briser le silence.
En somme, l'histoire tragique d'Éliane Vazard ne doit pas être oubliée; elle incarne l'urgence de rompre le cycle de la violence domestique et de soutenir celles et ceux qui souffrent en silence.







