Laëtitia R., une femme de 42 ans résidant à Manosque, a décidé de briser le silence sur une période cauchemardesque de sa vie. Pendant sept ans, elle a été victime d'un cycle d'abus et de violence infligé par son ex-compagnon, Guillaume B. Ce dernier, âgé de 51 ans, sera jugé en 2026 pour des faits de viols aggravés, proxénétisme, ainsi que des actes de torture et de barbarie.
Cette histoire, qui a commencé en 2015 sur un site de rencontres avec des promesses de jeux sadomasochistes, a rapidement pris une tournure tragique. Laëtitia, mère de quatre enfants et préparatrice en pharmacie, a décrit un climat de terreur et de contrôle coercitif. 'Il me faisait vivre dans la peur', raconte-t-elle, évoquant la prise de décisions sur des aspects aussi simples que l'heure à laquelle elle devait se lever ou se coucher. 'J’étais réduite à un état où je ne pouvais même plus aller aux toilettes sans sa permission.'
Guilaine a établi une emprise psychologique sur Laëtitia, dictant chaque aspect de sa vie, y compris sa tenue vestimentaire et ses interactions sociales. 'Il me traitait comme une chose', se rappelle-t-elle, 'j'étais constamment humiliée et rabaissée.' Des pratiques de violence physique et psychologique alternaient, allant jusqu'à des violences nocturnes extrêmes, où elle était maintenue éveillée pendant des jours. 'Je n'avais le droit à une vraie nuit de sommeil qu'une fois tous les dix jours', a-t-elle confié.
En outre, son calvaire a inclus des violences sexuelles graves. Même enceinte, elle a été contrainte à se prostituer et a subi des viols dans des conditions inhumaines. Les abus ont laissé des séquelles durables dans sa vie; aujourd'hui, Laëtitia souffre d'incontinence suite aux 'pratiques extrêmes' imposées par son agresseur, et doit porter un appareil.
La découverte de la réalité de ses souffrances a été un tournant. En avril 2022, après une énième agression où elle a failli perdre la vie, Laëtitia a partagé son histoire avec une amie, qui a alerté les autorités. Moins de 24 heures plus tard, Guillaume B. était arrêté. Depuis, il nie les accusations, affirmant que tout était consenti.
Ce récit d’horreur a fait écho dans les médias, rappelant d’autres affaires de violences similaires, comme celle des viols de Mazan. Laëtitia souhaite que son procès soit public afin de sensibiliser à la réalité des violences faites aux femmes. 'Il est temps de parler, de sortir de l'ombre', conclut-elle, espérant que son témoignage encouragera d'autres victimes à se manifester.







