C'est une affaire qui reste marquée par le mystère depuis quatre décennies. Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, survenu en mai 1986 à Pontcharra, pourrait bientôt connaître un tournant majeur. En effet, le 16 janvier, la Cour de cassation rendra une décision cruciale : sera-t-il possible d'allonger le délai de prescription, ou bien cela bloquera-t-il toute poursuite contre le meurtrier reconnu, Yves Chatain ? Cette situation pourrait avoir des conséquences significatives sur le système judiciaire français.
Le 22 mai 1986, Marie-Thérèse Bonfanti sort pour distribuer des journaux, mais ne revient jamais. Le dossier est classé en décembre 1989, échappant à la justice pendant des décennies. Ce n'est qu'en 2022 que l'accusé, Yves Chatain, avoue avoir strangulé la victime après une dispute provoquée par un stationnement jugé inadéquat. Pour la famille de Marie-Thérèse, ce nouvel élément ravive l'espoir d'un procès. "Il a vécu sa vie sans être jugé, cela serait trop facile d'en sortir indemne aujourd'hui", exprime Erika, sa fille, soulignant l'angoisse ressentie par les proches.
Un procès comme symbole de changement ?
Au-delà de ce dossier, l'affaire Bonfanti pourrait matérialiser une avancée juridique en matière de prescription. Comme l'explique Nathalie Perez, journaliste chez France Télévisions : "Si le verdict de la Cour de cassation est favorable, cela pourrait établir un précédent. Cela signifierait que les familles de victimes pourront connaître la vérité, peu importe le temps écoulé, ce qui favoriserait des recherches durables sur des affaires non résolues." Plus de trente autres affaires pourraient également bénéficier de cette évolution législative.
Ce bouleversement dans le traitement des cold cases en France fait écho à un besoin croissant d’une justice plus accessible et équitable pour les victimes et leurs familles. La décision de la Cour pourrait ainsi ouvrir la voie à des réformes plus larges, remettant en question les délais des prescriptions en matière de crimes graves dans le pays.







