Dans un tournant majeur pour le système judiciaire français, le procureur général d'Aix-en-Provence, Franck Rastoul, a soulevé une situation alarmante : 19 personnes accusées de crimes pourraient être relâchées en 2026 faute de jugement dans les délais impartis par la loi. Cette annonce, révélée dans une interview accordée à BFMTV, a été qualifiée de "scandaleuse" et d'un "passage à vide" pour la justice.
« Nous sommes face à une situation sans précédent », insiste Rastoul. Les délais de procédure se sont tellement allongés qu'il devient impossible de juger les accusés dans le temps requis. Au-delà des retards habituels, les affaires de viol, notamment, subissent une embolie inacceptable. Selon le procureur, même avec le meilleur des efforts, "il n'est plus raisonnable de penser que nous pouvons respecter les délais légaux".
Ce phénomène, qui touche l'ensemble du territoire, est le résultat d'un déficit de moyens et d'une organisation obsolète du système judiciaire. En effet, à Aix-en-Provence comme à Paris, où la cour d'appel compte déjà 925 affaires criminelles en attente, la pression augmente pour adapter les structures judiciaires actuelles à la gravité et au volume croissant des crimes.
Des experts pointent également le besoin urgent de réformes législatives. Une proposition de la Ligue des Droits de l'Homme insiste sur une meilleure allocation des ressources financières et humaines au sein du système judiciaire. Ils affirment qu'une révision des structures organisationnelles est essentielle pour faire face à la réalité pénale actuelle, qui évolue rapidement et devient de plus en plus complexe.
« Il est impératif d'agir », conclut Rastoul. Dans un État démocratique, la capacité à rendre la justice est un indicateur fondamental de sa santé. La France doit se demander quelles sont les implications de ne plus pouvoir juger ses criminels dans des délais raisonnables. Le défi est colossal, mais des solutions sont possibles si l'on s'attaque aux racines du problème.
Les prochaines années s'annoncent cruciales pour la justice française. La nation attend une réponse claire et efficace, car ou bien le système continuera à faillir, ou bien une nouvelle ère judiciaire verra le jour, plus adaptée aux exigences de notre époque.







