Un ancien soldat a été reconnu coupable d'importation massive de Viagra contrefait au Pays basque, prétendument pour son usage personnel. Le tribunal de Bayonne a condamné l'homme à six mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros.
Laffaire a débuté lors d'un contrôle de routine à la douane, au centre de fret de La Poste à Mouguerre, en octobre 2022. Les agents ont découvert deux colis provenant d'Inde, contenant chacun 2 000 comprimés de faux Viagra, non autorisés en France. Certes bleues, comme le produit original de Pfizer, leur composition était pourtant différente. Les boîtes affichaient la mention « 100 force 100 » et ne comprenaient aucune notice explicative.
Un mois plus tard, les douaniers interceptaient de nouveau d'autres colis avec au total 8 000 pilules, tous destinés au même individu. Le profil du trentenaire, qui s'est présenté au tribunal, surprend. Ancien militaire des forces spéciales, il avait été reconnu pour ses missions à l'international. Étonnamment, il s'était reconverti dans la formation militaire, se spécialisant dans l'antiterrorisme. Notons qu'il était absent lors de l’audience, en raison d'une mission à l'étranger, selon son avocat, Me Quentin Chevalier.
Colis réexpédiés en Espagne
Le défenseur a fait valoir qu'il avait agi pour sa consommation personnelle et pour traiter des problèmes de santé. En effet, le prévenu souffrait d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et d'un trouble du spectre autistique, ce qui l’a poussé à chercher un traitement qu'il n’a pas pu trouver en France. Il a donc pris contact avec un laboratoire indien pour obtenir les pilules.
Le tribunal a cependant estimé que même sans revente des pilules, le comportement du prévenu représentait une forme de trafic, avec des conséquences potentiellement dangereuses pour la santé humaine. Le procureur, Jean-François Dobeli, a souligné : « Ce trafic n’est pas neutre. Ces produits peuvent entraîner des problèmes de santé graves, notamment des complications cardiaques. » Une amende de 20 000 euros a été demandée.
« Tout se contrefait »
L’avocat a plaidé que son client n’avait pas conscience de l'illégalité de ses actions, tandis que les douanes affirmaient avoir intercepté plusieurs autres colis. La représentante des douanes a même indiqué que cette affaire illustre le phénomène croissant de contrefaçon dans le secteur pharmaceutique. Selon elle, des milliers de colis similaires ont été détectés, et elle a demandé une amende en se basant sur le prix des comprimés qui aurait été de trois euros chacun.
En conclusion, le tribunal a décidé de suivre la demande du procureur, condamnant l'ancien militaire à six mois de prison avec sursis, tout en appliquant une amende de 20 000 euros, marquant ainsi les dangers du trafic de médicaments contrefaits.







