Serge G., un ancien pharmacien travaillant à Martigues, a été jugé au tribunal correctionnel d'Aix en raison de sa participation au scandale Urgo. Ce contribuable a été reconnu coupable d'avoir accepté des cadeaux d'une valeur totale de 41 707 euros de la part du laboratoire français Urgo, qui incitait ainsi les professionnels de santé à vendre ses produits dans le cadre d'un système frauduleux.
En 2021, la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) avait révélé que les laboratoires Urgo offraient des présents luxueux à plus de 8 672 pharmaciens en France, en enfreignant la loi anti-cadeaux mise en place en 1993. Cette législation prohibe aux professionnels de santé d'accepter des biens ou des services de la part de fournisseurs dans le cadre de leur activité.
En conséquence, le groupe Urgo a reçu une amende sévère, dépassant un million d'euros, pour avoir entraîné presqu'une pharmacie sur deux dans ce réseau illégal. Le scandale Urgo continue d'avoir des impacts juridiques à l'échelle locale, avec plusieurs affaires récemment jugées à Marseille, et cette fois, c'est le tour de Martigues.
Un rapport de France 3 souligne que les conséquences de cet escroc qui utilise des stratégies de vente douteuses affectent non seulement des pharmaciens, mais mettent également à mal la confiance du public envers l'ensemble de la profession.
"J'ai été naïf"
Entre janvier 2016 et septembre 2020, ce pharmacien, désormais âgé de près de 60 ans, a reçu des présents variés : bijoux, sacs de luxe, appareils Apple, meubles de jardin et téléviseurs modernes. Selon le tribunal, il fait partie des privilégiés, où seules 1 800 officines ont reçu plus de 10 000 euros de cadeaux d'Urgo.
Serge G. a affirmé lors de son audition que le représentant du groupe pharmaceutical lui avait assuré que c'était légal d'accepter ces avantages. "À l'époque, je ne connaissais pas bien cette loi anti-cadeaux. Si j'avais su, je les aurais refusés. J'ai été naïf et je n'avais aucune intention de violer la loi", a-t-il plaidé à la barre. En réponse, l'avocate du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens a exprimé que ce cas nuit à l'image de l'ensemble de la profession, en faisant valoir une demande de réparation symbolique d'un euro. L'Ordre, rappelle-t-il, a toujours été clair sur la réglementation anti-cadeaux.







