À 83 ans, Gérard Christol, avocat depuis 1965, se produit ce vendredi 30 janvier au théâtre Christian-Liger à Nîmes avec le spectacle Je deviens ce que je suis, mis en scène par Fany Vidal.
Un parcours marqué par le théâtre
Gérard Christol : « J'ai commencé à jouer très jeune. Au collège à Lunel, j'ai interprété L'Arlésienne et raconté La Chèvre de Monsieur Seguin en provençal. Cela m'a permis de développer ma sensibilité à la voix. » Par la suite, sa carrière d'avocat l'a amené à plaider devant les cours d'assises, où les émotions sont également omniprésentes.
Le théâtre comme miroir des émotions humaines
Lorsqu'on lui demande ce qui le plaît dans le théâtre, Christol répond : « C'est la capacité d'émouvoir et de connecter avec les gens. En plaidant, je perçois directement la tristesse ou la peur sur le visage des jurés. »
Un spectacle né d'une connexion personnelle
Fany Vidal : « J'avais d'abord envisagé un film sur Gérard, un ancien ami de mes parents. En découvrant son passé théâtral, j'ai proposé une pièce. »
Les thèmes abordés sont variés, allant de l'enfance aux histoires marquantes de sa carrière en tant qu'avocat. « Tout ce que nous sommes provient de notre passé, de nos joies et de nos douleurs », souligne Vidal.
Parmi les personnages qui l'ont marqué, Christol se remémore des figures emblématiques tels qu'Émile Pollak et Robert Badinter. « Il est crucial d'interroger le fonctionnement de la justice aujourd'hui », indique-t-il. Il estime que les juges sont sous pression et n'ont plus le temps d'écouter comme avant.
La justice et ses défis
« J'essaie d'expliquer que défendre ne signifie pas justifier un acte. » Gérard Christol aborde également les critiques souvent émises sur le système judiciaire. Selon lui, le manque de ressources reste un frein majeur à l’efficacité des décisions judiciaires.
Un reflet de l'humanité
« Être pénaliste, c'est une plongée au cœur de l'humain, où se mêlent le bien et le mal. Avec l'essor de l'intelligence artificielle, je redoute une déshumanisation du tribunal », alerte-t-il.
La scène et le tribunal : un parallèle fascinant
Gérard établit un lien entre le tribunal et la scène de théâtre. « Dans les deux cas, il y a une présidence, une mise en scène et une dramatique, même en l'absence de peine capitale », explique-t-il. La vitalité des émotions est essentielle, tant dans le tribunal que sur scène.
Humour et légèreté au tribunal
Concernant l'humour, il déclare : « Néanmoins, il doit être utilisé avec prudence, selon le moment et l'audience. La compréhension humaine est au cœur de notre métier. »







