La journée de mobilisation des agriculteurs a laissé des traces dans les rues de Poitiers. Face à l’ampleur des dégradations commises, la réponse des autorités ne s’est pas fait attendre.
La tension est montée d’un cran dans la Vienne ce jeudi 5 février 2026. Suite à une mobilisation agricole intense, marquée par des déversements de déchets de grande ampleur, le préfet, Serge Boulanger, a décidé de porter plainte pour manifestation non déclarée et dépôts sauvages.
Cette manifestation, orchestrée par la Coordination rurale 86, la FDSEA 86, les Jeunes agriculteurs et l’Adiv, visait à critiquer la politique agricole actuelle ainsi que la récente nomination de la nouvelle directrice de l’Office français de la biodiversité (OFB). Près de cinquante tracteurs et une centaine de manifestants se sont réunis sur le parvis de la préfecture à Poitiers.
Dialogue et dégradations
Bien que cet événement n’ait pas été déclaré au préalable, le préfet a volontairement engagé un dialogue en recevant une délégation de manifestants pendant plus de deux heures. Toutefois, cet échange n’a pas suffi à apaiser les tensions à l’extérieur.
Plus de quarante bennes remplies de pneus, de paille, de terre et d'autres détritus ont été déversées sur la voie publique. Les dégradations ne se limitaient pas à la préfecture, touchant également des sites tels que les locaux de l’OFB, l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) de la Vienne à Chasseneuil-du-Poitou et le siège du Crédit Agricole Touraine Poitou.
Le poids financier pour la collectivité
Dans un communiqué, la préfecture souligne que de telles actions engendrent des coûts importants pour la collectivité. Les opérations de nettoyage effectuées après une précédente manifestation en décembre 2025 avaient nécessité une mobilisation des agents territoriaux pendant toute une nuit, impliquant des dépenses considérables à la charge des locaux. Ce vendredi 6 février, une dizaine d’agents du Département de la Vienne ont d’ailleurs été déployés pour nettoyer les lieux devant l’EPTB, à l’approche de la réouverture du parc du Futuroscope.
Le préfet rappelle que si la liberté de manifester est un droit fondamental, elle doit respecter l’ordre public et la protection des biens. « Les constatations en cours visent à déterminer précisément les responsables des déversements afin de prendre les mesures appropriées », conclut-il.







