Le groupe scolaire musulman Averroès, situé à Lille, a récemment reçu un refus de la préfecture du Nord concernant l'ouverture d'une nouvelle classe de primaire. Dans un courrier adressé au directeur Éric Dufour, le préfet a justifié sa décision en affirmant que le projet était lié à la mouvance des Frères musulmans.
Le groupe avait l'intention d'accueillir une classe de CP pour la rentrée de 2026. Cependant, l'alerte lancée par le préfet, qui voit dans cette initiative un lien avec le mouvement frériste, a créé un climat de méfiance. Le directeur Dufour a exprimé sa déception, soulignant les difficultés continues rencontrées par l'établissement face à cette suspicion persistante. "C'est l'éternelle suspicion qui ressurgit, comme si la justice n'avait rien balayé," a-t-il déclaré.
La situation est d'autant plus complexe que le groupe Averroès, qui comprend un collège hors-contrat et un lycée dont le contrat a été de nouveau établi par la justice suite à une rupture, regroupe près de 800 élèves. Cet effectif en fait l'un des principaux établissements musulmans en France.
Selon Me Paul Jablonski, l'avocat de l'établissement, un recours en référé sera déposé dans les jours à venir pour contester la décision du préfet. La tension autour de ce sujet soulève des débats sur la laïcité et l'éducation en France, un thème particulièrement sensible dans le pays ces dernières années.
Des experts en droit administratif estiment que cette situation pourrait avoir des implications plus larges sur les établissements scolaires privés en France. Pendant ce temps, le personnel éducatif et les familles du groupe Averroès se montrent déterminés à continuer leurs efforts pour garantir une éducation de qualité sans ingérence politique.







