Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a tenu une conférence de presse le 19 octobre pour fournir des détails sur l'enquête concernant la mort de Quentin Deranque, survenue le week-end dernier. À cette occasion, il a annoncé que sept jeunes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire.
Ces deux jours de gardes à vue ont été révélateurs. Dran a fait état de l'attitude des suspects : certains ont choisi de ne pas s'exprimer, tandis que d'autres ont reconnu être présents lors de l'attaque. Cependant, tous nient avoir eu l'intention de tuer.
Mise sous écrou : une nécessité selon le procureur
Qui sont ces individus ? Ils viennent d'horizons variés : étudiants, employés du secteur privé, et même un assistant parlementaire lié à La France insoumise, Jacques-Elie Favrot. Ce dernier, après avoir été mis en examen pour complicité, a nié toute implication directe dans le décès de Quentin, selon son avocat Bertrand Sayn. Deux suspects principaux ont été inculpés pour homicide volontaire, tandis que quatre autres doivent être entendus par les juges d'instruction.
Dran a souligné que trois des suspects avaient des liens avec des mouvements d'ultragauche, ajoutant que la demande de détention provisoire était motivée par un risque important de trouble à l'ordre public et de destruction de preuves. L'enquête, qui est à un stade crucial, a impliqué l'audition de témoins et l'analyse de vidéos de sécurité, un processus jugé complexe.
D'autres individus sont encore à identifier, et quatre personnes, soupçonnées d'avoir aidé les suspects à se cacher, ont été relâchées, mais seront ultérieurement convoquées pour clarifications.
Tensions politiques exacerbées par la tragédie
Parallèlement, la famille de Quentin a lancé un appel au calme, condamnant toute violence politique alors qu'une marche en son hommage est prévue, mais contestée pour des raisons de sécurité. Emmanuel Macron, en déplacement en Inde, a exhorté à éviter un cycle de violence et a appelé à "faire le ménage" parmi les extrêmes politiques, ciblant tant l'extrême droite qu'extrême gauche.
Ce contexte politique tendu a conduit à des accusations de lien entre La France insoumise et des groupes violents par certains acteurs de droite. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, s'est refusé à exclure des membres du parti, alors que la pression sur le député Raphaël Arnault s'intensifie, avec des appels à sa démission si des preuves de complicité sont établies.
Alors que l'enquête se poursuit, les implications de cette tragédie continuent de résonner sur la scène politique française, impliquant un débat plus large sur la violence et la responsabilité politique.







