Apparu en 2019, le groupe armé chiite Ashab Al-Kahf, qui revendique une affiliation à la "muqawama", la résistance islamiste en Irak, a récemment annoncé cibler tous les intérêts français dans la région après la mort d’un soldat français. Emmanuel Macron a déclaré que l’adjudant-chef Arnaud Frion, appartenant au 7e bataillon de chasseurs alpins, a été tué lors d’une attaque dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien.
Selon le président, l’attaque visait des forces antiterroristes dans le cadre d'une coalition internationale. Le groupe Ashab Al-Kahf a menacé de frapper toutes les installations françaises en réponse à l’augmentation de la présence militaire française dans la région. Un message posté sur Telegram a appelé les civils à se tenir éloignés des bases où se trouvent des soldats français.
Origines du groupe Ashab Al-Kahf
Le nom de cette milice, qui signifie "les gens de la caverne", évoque une légende chrétienne et musulmane des Sept dormants d’Ephèse qui ont fui des persécutions. Leur activité a fortement augmenté après l'assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani en 2020. Ashab Al-Kahf utilise principalement des roquettes et des engins explosifs, et se revendique comme indépendant des financements iraniens.
La milice accuse d’autres groupes paramilitaires d’être en décadence morale, servant les intérêts américains et israéliens. Elle s'est également opposée au Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi, le qualifiant d'agent de la CIA, selon des analyses publiées par le Washington Institute.
Revendications violentes
Ashab Al-Kahf a revendiqué plusieurs attaques, bien que certaines aient été contestées par les gouvernements irakien et koweïtien. Un rapport a également mentionné leur implication dans le meurtre d’un Américain, Stephen Troell, en 2022. Le groupe pro-iranien continuellement justifie ses actions en affirmant qu'il devait répondre aux actions américaines.
Certaines analyses projetées par des experts sont préoccupantes, car Ashab Al-Kahf pourrait élargir ses opérations au-delà des frontières irakiennes, et un changement de nom pourrait signaler de nouvelles ambitions. En août 2024, la milice a annoncé une nouvelle identité, Arkhat Al-Qods, affirmant son intention de mener des opérations, y compris en Syrie.
Face à cette menace, les experts appellent à une vigilance accrue. Le contexte géopolitique évolutif pourrait entraîner des implications significatives pour la sécurité de la France au Moyen-Orient.







