C'est une délivrance, déclare Jean-Yves Avignon, maire de Spay, au sud du Mans, alors qu'il se prépare à vivre ses derniers moments en tant qu'élu avant les élections municipales des 15 et 22 mars. Après avoir été adjoint, puis maire et vice-président de la communauté de communes du Val de Sarthe, il a consacré un quart de siècle à la vie politique locale. Lors d'une interview accordée à ICI Maine, il exprime ses réflexions sur cette aventure : J'ai donné 25 ans de ma vie pour mes administrés, je ne le regrette pas, bien au contraire, j'en garde d'excellents souvenirs.
Parmi ses plus grandes réalisations, il évoque avec fierté l'acquisition du domaine de Houssay, un vaste espace naturel et nautique qui appartenait auparavant au CE de Renault. C'était le 31 janvier 2002, rappelle-t-il, illustrant l'importance de cet accomplissement pour la commune.
Les agressions subies l'ont marqué
Jean-Yves Avignon a également vécu des moments difficiles au cours de son mandat. Le plus dur a été les agressions. En 2020, alors que la base de loisirs était fermée en raison du Covid, il a dû faire face à une intrusion d'une quinzaine de personnes. J'ai été agressé alors que je me présentais comme maire, mais cela ne leur a pas suffi, se souvient-il avec émotion. Cette expérience difficile a abouti à des sanctions pénales contre ses agresseurs, soulignant les dangers auxquels sont confrontés de nombreux élus dans l'exercice de leurs fonctions.
Il précise qu'il a été victime de deux agressions en deux ans, ce qui a conduit à une prise de conscience au sein de la communauté, avec des formations consacrées à la gestion des incivilités, impliquant même des gendarmes négociateurs.
Des habitants moins engagés qu'avant
Le maire sortant remarque également une évolution préoccupante dans l'engagement civique des habitants. Pour les élections municipales, une seule liste se présente à Spay, un phénomène qu'il interprète comme alarmant. Quand j'étais adjoint, il y avait jusqu'à quatre listes. Aujourd'hui, cela soulève des questions sur l'avenir de notre démocratie locale, partage-t-il, inquiet face à cette tendance décroissante. Jean-Yves Avignon a discerné une baisse d'intérêt pour les affaires municipales, un constat partagé par de nombreux experts politiques, qui estiment que cette apathie peut avoir des conséquences graves sur la vie démocratique.







