Les autorités douanières ont réussi à intercepter 13 tonnes de cocaïne dans le port de Dunkerque en février, une opération majeure qui vise à freiner l'infiltration de cette drogue sur le territoire français et au-delà. La marchandise, cachée dans des conteneurs de produits légaux, témoigne d'une stratégie sophistiquée des trafiquants, selon un rapport du Figaro.
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a déclaré que ces saisies, survenues le 7, 12 et 18 février, avaient une valeur de revente estimée à près de 865 millions d'euros. Cette intervention s'inscrit dans un contexte où 2025 avait déjà enregistré 84,3 tonnes de cocaïne interceptées, ce qui soulève des inquiétudes croissantes concernant le narcotrafic en France.
La saisie la plus importante, celle de 8,4 tonnes, était dissimulée derrière des packs de boissons. D'autres lots étaient astucieusement embraqués dans de grands sacs noir scotchés. Amiel a salué le dévouement des agents douaniers et leur efficacité, qui s'est traduite par une mobilisation continue dans la lutte contre la drogue, inspirant un climat d’espoir dans un environnement souvent sombre.
Frédérique Durand, la directrice régionale des douanes à Dunkerque, a déclaré à l'AFP : «Il est toujours surprenant de constater l'ampleur des saisies. D'habitude, des volumes aussi importants sont peu communs, même dans des ports majeurs comme Anvers ou Rotterdam.» Elle a ajouté que bien que les saisies ne soient pas directement liées aux mêmes organisations criminelles, une partie des drogues était destinée au territoire français, tandis que l'autre se dirigeait vers des marchés hors Union européenne.
Les opérations menées résultent d'une observation minutieuse et d'analyses des profils logistiques, mettant en lumière la complexité croissante du narcotrafic. «Les anomalies dans le commerce normal alertent nos équipes, ce qui nous permet de détecter les conteneurs problématiques», a précisé Mme Durand.
Les récents mouvements de cocaïne s'inscrivent dans une dynamique plus vaste. Les producteurs d'Amérique du Sud, notamment en Colombie, Pérou et Bolivie, utilisent des routes maritimes, profitant des côtes vénézuéliennes, pour rejoindre le marché européen, en plein essor. Loin des ports habituels, des lieux moins fréquentés comme Dunkerque attirent désormais l'attention des trafiquants.
Durand a commenté : «Nous savions que des ports moins connus seraient ciblés, notamment le port de Dunkerque, car sa croissance en volumes de conteneurs crée de nouvelles opportunités pour les trafiquants.» Pour renforcer leurs efforts, une brigade spéciale sera composée à partir du 1er septembre, visant à lutter contre le narcotrafic tout en faisant face à des défis structurels et organisationnels.
Les syndicats, tels que la CGT et la CFDT, ont exprimé leurs inquiétudes quant aux ressources disponibles pour accompagner cette initiative : «Nous avons besoin de davantage de moyens pour contrer ces réseaux criminels qui exploitent nos faiblesses», a déclaré Reynald Savreux de la CGT. À l'heure où la pression augmente, la lutte continue pour offre une réponse organisée à ces menaces croissantes.







