Les audiences se tiennent ce jeudi et vendredi au tribunal correctionnel de Limoges, où deux habitants de la Haute-Vienne sont jugés pour leur implication présumée dans des actes de destruction de biens publics. Les accusés, un homme de 70 ans et une femme de 55 ans, sont soupçonnés d'avoir joué un rôle clé dans deux incendies intentionnels survenus respectivement en 2020 et 2021. Ces actes avaient été revendiqués par un groupuscule classé à l'extrême-gauche par le parquet local.
Des incendies contre Linky, le nucléaire et la 5G
En février 2020, huit fourgons de l'entreprise Enedis sont réduits en cendres sur le site de l'avenue de la Révolution, avec des messages sur les murs dénonçant les compteurs Linky et l'énergie nucléaire. Un an plus tard, le 11 janvier 2021, deux antennes relais et un pylône émetteur à Les Cars sont incendiés, privant plus d'un million de personnes d'accès à la radio et à la télévision pendant plusieurs jours. Cet acte a également été revendiqué par un "Comité pour l'abolition de la 5G et de son monde". Par la suite, six personnes ont été interpellées, dont une directrice d'école de Creuse, qui a vu sa situation évoluer vers un non-lieu, comme le rapporte France 3.
Un procès qu'un comité de soutien veut médiatiser
Actuellement, seul un homme et une femme sont jugés, deux suspects qui, bien que leurs ADN aient été trouvés sur les lieux, nient leur implication dans les actes reprochés. Un comité de soutien, le "Comité du 15 juin", a vu le jour pour faire de ce procès un symbole de la lutte contre une numérisation jugée excessive, dénonçant la disproportion des moyens utilisés pour leurs arrestations.
"Dénoncer le déferlement numérique"
À la différence des qualifications retenues lors de l'information judiciaire ouverte en 2021, les deux accusés ne font pas face à des charges liées à la "destruction de biens portant atteinte aux intérêts de la nation", mais sont jugés en correctionnelle, ce qui entraîne un potentiel de peine inférieur à dix ans de prison. Ce procès est désormais perçu comme une tribune face aux enjeux modernes liés à la numérisation, avec le comité invitant le public à assister aux audiences pour en témoigner.







