Ce jeudi, une audience s'est tenue devant la chambre de l'instruction au palais de justice de Toulouse concernant une tragédie survenue à l'Ehpad du Lherm. En 2019, cinq résidents avaient trouvé la mort à la suite d'intoxications alimentaires. La requête débattue aujourd'hui vise à annuler un acte de procédure.
La procédure entre les mains de la chambre d'instruction concerne une salariée mise en examen pour homicides et blessures involontaires. Son avocate, Maître Mauricia Courrégé, a déposé cette requête en décembre 2024, alléguant que l'expertise d'un expert n'avait pas été réalisée conformément aux règles de procédure.
Les événements tragiques remontent au 31 mars 2019, lorsque 26 résidents de l'Ehpad La Chêneraie sont hospitalisés. Cinq d'entre eux décèdent, déclenchant une enquête complexe. Le procureur de la République de Toulouse a confirmé à ICI Occitanie que les investigations n'ont pas encore permis d'identifier clairement des responsabilités.
Actuellement, quatre personnes ont été mises en examen, y compris l'ancien directeur de l'établissement et le personnel responsable de la restauration. En tout, 55 familles de résidents ont constitué partie civile, espérant des réponses sur ce drame qui a marqué la communauté.
Une requête accusée de ralentir les investigations
La famille des victimes s'inquiète de la lenteur de la procédure, et beaucoup estiment que la requête a contribué à retarder l'enquête. "Le corps de ma grand-mère reste dans un cercueil au dépositoire du cimetière", confie la petite-fille d'une résidente décédée.
Maître Courrégé défend la légitimité de sa démarche, soulignant que le respect des règles de la procédure pénale est essentiel pour établir une affaire solide. "Il y a un intérêt général à ce qu'on ait un dossier carré", a-t-elle déclaré.
Des charges contestées contre "des porteurs de chapeau"
L'avocate conteste les accusations portées contre sa cliente, soutenant qu'elle n'était plus responsable de la restauration au moment des faits. "Elle a été accablée par des charges lourdes. C'est important que l'enquête progresse sans être entravée", a-t-elle ajouté.
Elle exprime également des préoccupations sur la façon dont des responsables sont désignés dans des affaires complexes. "On cherche des 'porteurs de chapeau', mais il est crucial de favoriser une enquête rigoureuse pour identifier les véritables causes de cette tragédie", a-t-elle déclaré.
La justice, face à la douleur des familles, se doit de procéder avec minutie pour comprendre les circonstances ayant conduit à ces intoxications mortelles. L'instruction est toujours sous l'autorité du doyen des juges d'instruction de Toulouse, qui doit encore recueillir des éléments avant de rendre une décision.







