La compagnie espagnole Renfe a annoncé, ce mercredi, la suspension de ses projets de lignes à grande vitesse vers Paris et Toulouse. Ce coup d'arrêt prolonge le bras de fer avec les autorités ferroviaires françaises.
Terminus, tous en bas. La Renfe met officiellement sur pause son expansion en France, n'ayant pas de visibilité opérationnelle et de matériel roulant suffisamment homologué pour circuler. Ce développement survient alors que l'espérance d’une ligne directe entre l'Espagne et Paris, souhaitée pour les Jeux Olympiques de 2024, s'évanouit.
Un horizon bouché vers la capitale
La Renfe a confirmé avoir libéré les créneaux de circulation réservés sur le réseau ferroviaire français, en mentionnant qu'"étant donné l'absence d'un horizon stable, nous avons dû retirer la réservation des sillons d'exploitation". Les difficultés proviennent principalement de l'homologation des trains S-106 du constructeur Talgo. Sans ce feu vert technique, l’opérateur ne peut pas établir de "date opérationnelle claire". Cela inclut également la liaison entre Paris et Lyon, même si les lignes existantes vers Marseille et Lyon restent, pour l'instant, actives.
Toulouse-Barcelone: le faux départ
L'Occitanie devra également faire preuve de patience. La liaison directe entre Barcelone et Toulouse, attendue par les élus locaux depuis sa suppression durant la crise du Covid-19, subit le même sort. Déjà suspendu au printemps 2025, ce projet fait face aux mêmes obstacles règlementaires. La Renfe a engagé une "analyse de sa stratégie globale" en France, indiquant un agacement croissant face aux procédures administratives en vigueur.
Une guerre d'usure avec la SNCF
Derrière ces blocages techniques se cache une lutte diplomatique et commerciale. Madrid critique fréquemment un manque de "réciprocité". Alors que la SNCF a pu lancer ses trains Ouigo en Espagne depuis 2021 (vers Barcelone, Valence ou l’Andalousie), la Renfe accuse la France de protéger son opérateur historique par des barrières restrictives. Évoquant un sujet "sensible", le groupe espagnol laisse entendre que les autorités françaises entraveraient son arrivée. Malgré ces tensions, la Renfe reste optimiste et désireuse de reprendre les projets lorsque les conditions techniques et opérationnelles le permettront, tout en maintenant sa présence sur les lignes déjà actives dans le sud de la France.







