Des affrontements opposent, depuis le samedi 25 avril, l'armée malienne à des groupes armés non identifiés, touchant notamment la capitale Bamako et d’autres villes du pays. Les agressions ont rapidement visé plusieurs casernes, entraînant des échanges de tirs près de l’aéroport et à Kati, où réside le chef de la junte, Assimi Goïta.
Dans un communiqué, l'armée malienne a confirmé les affrontements en cours, précisant que des hommes armés avaient exécuté des assauts sur divers points stratégiques. Des témoins rapportent des détonations intenses et des mouvements militaires dans la périphérie de Bamako. "Des groupes armés terroristes, non encore identifiés, ont pris pour cibles des établissements militaires et civils à Bamako et à l’intérieur du pays," a déclaré l'armée dans son rapport.
Alors que les rues de Bamako restent largement désertes, des échos de violence se font entendre avec des tirs sporadiques autour des zones sensibles telles que la base 101 de Senou, où se trouve également l'aéroport. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des dégâts matériels causés par les explosions dans la zone de Kati.
Des attaques coordonnées sur plusieurs fronts
Les tensions se sont intensifiées avec des hélicoptères survolant la capitale, sur fond de tir à Kati, rapportent des sources sécuritaires. Ces événements ne sont pas isolés : d'autres localités comme Gao, Kidal et Sévaré sont également touchées par ces violences qui surviennent dans un climat déjà instable.
Bien que rien ne soit encore officialisé sur la responsabilité de ces attaques, celles-ci s’inscrivent dans un contexte où le Mali connaît des crises sécuritaires aiguës depuis plusieurs années. La situation s'est aggravée en raison de la montée des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l'État islamique, qui profitent d'un vide sécuritaire grandissant. Le journaliste et analyste Malang Coulibaly souligne que "la situation est sans précédent, exacerbée par l’absence de solutions durables".
Une crise sécuritaire profonde
Le régime militaire malien, en place suite à deux coups d'État, a multiplié les mesures restrictives, notamment envers la liberté de la presse. Prévue à l'origine pour une transition vers un gouvernement civil d'ici mars 2024, la junte semble peu encline à en respecter les engagements. "Le pouvoir militaire ne semble pas enclin à renoncer à son emprise", souligne l'analyste politique Aissatou Diallo.
Le Mali s'est progressivement détaché des relations avec la France et certains partenaires occidentaux pour se tourner vers la Russie, plaçant des enjeux géopolitiques essentiels au cœur de la crise. L'émergence d'alliances comme l'Alliance des États du Sahel pourrait marquer un tournant historique dans la gestion de la sécurité dans cette région chaotique.







